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Libye: faible participation à des élections émaillées d'incidents

20/02/2014 01:48 EST | Actualisé 22/04/2014 05:12 EDT

Les Libyens se sont peu mobilisés jeudi pour élire une soixantaine de représentants composant l'Assemblée qui a pour mission de rédiger une Constitution pour le pays, lors d'un scrutin émaillé d'incidents dans l'est et le sud du pays.

Le président de la Commission électorale a annoncé un taux de participation estimé à 45%.

Contrairement aux premières élections libres du pays en juillet 2012, les Libyens étaient beaucoup moins enthousiastes. Seuls 1,1 million d'électeurs se sont inscrits pour ce scrutin, soit moins de la moitié qu'en 2012 et moins d'un tiers du total des électeurs potentiels.

Les bureaux de vote ont fermé à 19H00 (17H00 GMT) comme prévu et les bulletins de vote commençaient à être dépouillés, comme l'a constaté un journaliste de l'AFP dans une école à Tajoura, dans la banlieue est de Tripoli.

La commission électorale a exprimé son "entière satisfaction quant au déroulement de l'opération électorale" malgré plusieurs incidents qui ont empêché des régions entières de participer au scrutin.

Les résultats du scrutin de jeudi, qui devraient être annoncée dans "trois à quatre jours", porteront sur seulement 47 sièges sur 60.

En effet, en raison de violences, les électeurs dans le sud et à Derna (est) n'ont pas pu donner leurs voix à onze candidats qui représentent leurs régions, selon la Commission.

En outre, les Amazighs, qui devaient disposer de deux sièges dans la future Constituante, boycottent le scrutin pour protester contre l'absence de mécanismes garantissant leurs droits culturels dans la future Constitution.

L'Assemblée ne devrait compter donc que 58 membres, au lieu de 60 prévus, dont six sièges réservés aux minorités (Toubou, Amazigh et Touareg), et six autres aux femmes.

Dans les régions privées de vote en revanche, la loi prévoit que la Commission électorale décide sous 24 heures après la fin du scrutin du lieu et de la date de nouvelles élections.

Dans l'est du pays, des bureaux de vote ont été attaqués dans la nuit à Derna, fief de groupes extrémistes, faisant un mort.

A la mi-journée, des hommes armés ont contraint un autre bureau de fermer sous la menace des armes, selon des sources locales.

Les minorité des Toubous et des Touareg ont été de leur côté à l'origine jeudi d'incidents dans leurs fiefs dans le sud du pays, provoquant la fermeture de plusieurs bureaux de vote.

Dénonçant leur "exclusion", le Conseil supérieur des Amazighs de la Libye a décrété jeudi "journée noire et de deuil dans les régions" amazighes, en particulier dans l'ouest du pays.

- Des Libyens peu enthousiastes -

Une campagne électorale plutôt terne dans un pays qui reste très instable et en proie à l'insécurité, n'a pas mobilisé les Libyens, dont certains s'interrogent déjà sur la crédibilité de la Constituante au vu du faible taux de participation.

"Je me suis inscrite aux élections. Mais je ne vais pas voter, tout simplement parce que je ne sais pas à qui je donnerais ma voix", a déploré Amal, 21 ans, qui travaille dans une agence de voyages.

Les Libyens sont notamment déçus des réalisations du Congrès général national (CGN), la plus haute autorité politique et législative issue des élections de 2012, qui a échoué à rétablir l'ordre dans un pays en pleine anarchie.

"Nous avons pris une décision au sein de la famille. Personne ne participera à aucune élection sous l'autorité de ce Congrès. Nous boycottons", a indiqué Ahmed, un père de famille de 64 ans.

La Commission électorale a dû repousser à plusieurs reprises le délai d'inscription pour pouvoir dépasser le cap symbolique d'un million d'inscrits.

Le scrutin n'a, à priori, pas d'enjeux politiques. Officiellement, les partis politiques n'y participent pas et seules les candidatures individuelles ont été acceptées.

Au total, 692 candidats sont inscrits pour ces élections, dont 73 femmes, selon la Commission électorale.

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