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Le ministre russe Lavrov parle armes et Syrie à Bagdad

20/02/2014 11:42 EST | Actualisé 22/04/2014 05:12 EDT

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, en visite jeudi à Bagdad, a évoqué la vente d'armes et le conflit en Syrie voisine lors de ses entretiens avec les dirigeants irakiens.

Cette visite, qui suit un entretien à Moscou la semaine dernière entre le président russe Vladimir Poutine et le chef de l'armée et homme fort de l'Egypte Abdel Fattah al-Sissi, pourrait signifier une intensification des efforts de Moscou pour renforcer ses relations avec des pays arabes ayant longtemps eu des liens étroits avec Washington.

Lors d'une conférence de presse conjointe avec M. Lavrov, le chef de la diplomatie irakienne, Hoshyar Zebari, a déclaré que la Russie avait promis "d'accélérer le processus de livraison d'armes aux forces irakiennes confrontées à des groupes terroristes incontrôlés qui viennent de la frontière syrienne".

Cette question a occupé une grande partie des discussions de M. Lavrov avec le Premier ministre Nouri al-Maliki, a-t-il dit.

L'Irak partage une longue frontière avec la Syrie, où les rebelles combattent le régime de Bachar al-Assad dans un conflit qui a fait depuis trois ans plus de 140.000 morts.

Cette guerre a contribué à l'escalade des violences en Irak depuis le début 2013. Jeudi, pendant la visite de M. Lavrov, au moins 17 personnes ont été tuées dans une attaque aux obus de mortier sur des magasins et restaurants à Moussayab, au sud de Badgad.

Dans ce contexte, M. Lavrov a critiqué la politique américaine en Syrie, estimant qu'elle encourageait le financement et l'armement des "organisations terroristes", en allusion aux rebelles.

"Nos partenaires disent que nous ne vaincrons pas le terrorisme en Syrie tant que le président Assad sera au pouvoir", mais cette position américaine "ne fera qu'encourager les extrémistes qui financent le terrorisme et fournissent des armes aux groupes terroristes", a-t-il dit.

"Et au bout du compte, cela ne débouchera sur rien hormis une escalade dans le conflit", a ajouté M. Lavrov, dont le pays est l'un des principaux soutiens du président Assad.

La visite de M. Lavrov à Bagdad intervient alors que les négociations entre régime et opposition à Genève, parrainées par Moscou et Washington, n'ont permis aucune avancée et se sont achevées le 15 février sans qu'une date de leur reprise n'ait été annoncée.

Le secrétaire d'État américain John Kerry, dont le pays soutient les rebelles syriens, avait accusé la Russie de "favoriser la surenchère" du président Assad, une accusation rejetée par Moscou.

Les responsables irakiens ont été irrités par les retards dans la livraison d'armes par les Etats-Unis, inquiets d'éventuels abus. Washington a d'ailleurs gelé son aide militaire à l'Egypte après la destitution par l'armée du président islamiste Mohamed Morsi.

La livraison d'armes à l'Irak et à l'Egypte permettrait à la Russie d'avancer sur les plans diplomatiques et militaires, une situation que les deux pays arabes peuvent faire valoir face à Washington.

Evoquant également le projet de résolution sur une aide humanitaire à la Syrie qui doit être soumis vendredi au vote du Conseil de sécurité à l'ONU, et auquel Moscou ne s'est pas rallié pour l'instant, M. Lavrov a insisté sur "le respect du droit international humanitaire".

"Notre position sur la livraison des aides humanitaires ne repose pas sur notre désir de faire plaisir à tel ou tel gouvernement, que ce soit le gouvernement syrien ou autre, mais sur le droit humanitaire international", a-t-il déclaré, sans fournir d'explications.

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