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La Lituanie ouvre une enquête sur les prisons secrètes présumées de la CIA

20/02/2014 10:24 EST | Actualisé 22/04/2014 05:12 EDT

Le parquet lituanien a annoncé jeudi avoir ouvert une enquête sur le cas d'un Saoudien soupçonné de terrorisme qui pourrait avoir été détenu dans une prison secrète de la CIA en Lituanie.

"Une enquête préliminaire a été ouverte sur un possible transport illégal de personnes à travers les frontières de l'Etat", a déclaré le parquet dans un communiqué.

Cette décision marque un tournant pour ce pays balte qui avait jusqu'alors refusé d'enquêter sur la plainte déposée par une organisation de défense des droits de l'homme Redress au nom de Mustafa al-Hawsawi, détenu de Guantanamo, qui encourt la peine de mort pour sa participation présumée aux attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.

Selon l'ONG, le Saoudien pourrait avoir été détenu en Lituanie entre 2004 et 2006.

En janvier, le tribunal de Vilnius a demandé au parquet d'essayer d'obtenir des Etats-unis des témoignages de Mustafa al-Hawsawi, avant de prendre une décision sur l'ouverture d'une enquête.

Les militants des droits de l'Homme ont salué la décision du parquet lituanien: "Nous sommes contents de cette décision", a déclaré à l'AFP Meta Adutaviciute de l'Institut lituanien pour les droits de l'Homme. "Maintenant, nous allons suivre l'enquête de près", a-t-elle ajouté.

Pour Sara Fulton, juriste de l'organisation Redress, la décision du parquet n'est que "le début d'un long processus".

L'ONG avait déposé sa plainte le 13 septembre, après avoir analysé des données concernant les vols et les transferts d'autres suspects et d'autres informations sur les prisons secrètes présumées de l'agence américaine de renseignement CIA.

Al-Hawsawi est le second terroriste présumé qui pourrait avoir été détenu illégalement en Lituanie dans des prisons secrètes de la CIA, après Abu Zubaydah, considéré comme le numéro trois du mouvement islamiste Al-Qaïda.

En décembre 2009, une enquête parlementaire lituanienne avait identifié deux sites censés avoir été utilisés entre 2003 et 2006, tout en estimant qu'il était impossible de dire si des personnes y avaient été détenues.

La justice lituanienne avait classé l'affaire sans suite, faute de preuves.

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