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JO-2014 - Face à la crise ukrainienne, le CIO brandit la Charte olympique

20/02/2014 12:01 EST | Actualisé 22/04/2014 05:12 EDT

Le Comité international olympique (CIO), confronté aux violences meurtrières à Kiev via le retrait de deux membres de la délégation ukrainienne aux JO de Sotchi, s'efforce de rester loin de la politique en mettant en avant la Charte olympique.

Une skieuse et son père, qui est aussi son entraîneur, ont annoncé jeudi qu'ils se retiraient des Jeux de Sotchi, dans le sud de la Russie, pour protester contre le régime politique de leur pays qu'ils accusent d'être à l'origine des violences entre policiers et opposants qui ont fait des dizaines de morts.

Bogdana Matsotska et Oleg Matsotski se sont dit "outrés" par le refus du président ukrainien Viktor Ianoukovitch de privilégier le dialogue avec les manifestants, dans une déclaration publiée par Oleg Matsotski sur son compte Facebook, en son nom et celui de sa fille.

"En signe de protestation (...) contre les comportements dignes de voyous face aux manifestants, nous cessons de participer aux jeux Olympiques de Sotchi", ont-ils expliqué.

Bogdana Matsotska, 27e du Super-G et 43e du slalom géant, était inscrite pour le slalom vendredi. Elle est originaire de la ville de Kossiv, dans la région d'Ivano-Frankivsk, un bastion des manifestations anti-Ianoukovitch.

Selon le comité olympique ukrainien, Matsotska et son père ont toutefois l'intention de rester à Sotchi jusqu'à la fin pour "encourager" leurs compatriotes.

D'autres athlètes ukrainiens ayant fini leurs compétitions aux Jeux qui s'achèvent dimanche rentrent également chez eux, conformément à "un emploi du temps fixé" précédemment, a indiqué de son côté le comité olympique ukrainien.

Mais les autres athlètes restent à Sotchi pour participer aux épreuves, a ajouté le comité, sans préciser si d'autres départs étaient liés à la grave crise en Ukraine, ni le nombre d'athlètes ayant quitté Sotchi.

"Aucune sorte de propagande n'est autorisée"

Le porte-parole du CIO, Mark Adams, a confirmé jeudi à Sotchi le départ de la skieuse et de son père, sans rentrer dans les détails de cette situation délicate pour le Comité olympique international.

La Règle 50 de la charte olympique stipule en effet qu'"aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n'est autorisée dans un lieu, site ou autre emplacement olympique".

Le CIO a ainsi refusé, selon le comité olympique ukrainien, une demande mercredi réclamant que les athlètes ukrainiens puissent porter un brassard noir en signe de deuil après la forte émotion suscitée par les violences meurtrières extrêmes qui ensanglantent le pays, faisant plusieurs dizaines de morts.

Signe de l'embarras du CIO face à une telle demande qui pourrait être assimilée à une "démonstration politique", M. Adams a affirmé que le CIO et la délégation ukrainienne avaient "conclu" mercredi après une rencontre informelle que les athlètes ne porteraient pas de brassard noir ou d'autres signes à la mémoire des morts.

Le président du comité olympique ukrainien, l'ex-star de la perche Sergueï Bubka, a confirmé cette vision des choses, déclarant jeudi que "de tels gestes symboliques ne seraient pas dans l'esprit de la Charte olympique".

En conséquence, les athlètes ukrainiens ont exprimé leur deuil d'autres manières, "telle l'observation d'une minute de silence" mercredi soir au village olympique.

M. Bubka, également membre du CIO, a cependant indiqué qu'il éprouvait "une grand sympathie à l'égard des athlètes ukrainiens qui veulent porter un brassard noir pour marquer les événements tragiques en Ukraine".

Le problème du port de brassards noirs par des athlètes a déjà fait l'objet d'une controverse aux Jeux de Sotchi, qui ont débuté le 7 février.

Le CIO a ainsi réprimandé la Norvège après que les membres de l'équipe féminine de ski de fond ont porté des brassards noirs à la mémoire du frère d'une athlète décédé.

A défaut de brassards, le comité olympique ukrainien a fait savoir jeudi que des rubans noirs avaient été accrochés aux drapeaux ukrainiens flottant dans le village olympique.

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