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Égypte : le procès des journalistes d'Al Jazeera reporté

20/02/2014 08:55 EST | Actualisé 22/04/2014 05:12 EDT

Le procès des journalistes de la chaîne Al Jazeera, dont un Égypto-Canadien, qui devait s'ouvrir jeudi, en Égypte, a été reporté au 5 mars après une audience de 40 minutes. Les journalistes sont jugés pour appartenance à un groupe terroriste et diffusion de fausses nouvelles.

Les huit journalistes qui étaient détenus en prévision du procès, dont le Montréalais Mohamed Fahmy, qui est chef de bureau de la chaîne qatarie au Caire, resteront derrière les barreaux. Tous clament leur innocence.

Le tribunal a spécifié qu'il se penchera sur la preuve lors de la prochaine audience, dans moins de deux semaines.

Les accusés sont apparus vêtus de leur tunique de prisonniers et ont été présentés au tribunal dans des cages en fer.

Fahmy et Grestefont partie d'un groupe de 20 journalistes d'Al Jazeera accusés de terrorisme. Seuls huit d'entre eux sont détenus. Les autres sont toujours recherchés et seront jugés in absentia. Ils encourent jusqu'à sept ans de prison.

Les autorités leur reprochent d'appuyer le mouvement interdit des Frères musulmans, et son chef, le président déchu Mohamed Morsi et d'avoir menacé la sécurité nationale. Selon un officiel égyptien, Fahmi est un membre des Frères musulmans, et est donc considéré comme un terroriste.

L'arrestation de M. Fahmy et de son collègue australien Peter Greste, le 29 décembre dernier dans un hôtel du Caire, a été filmée par les forces de sécurité et diffusée par la chaîne Al Tahrir proche du régime. Les autorités affirment que les journalistes ont manipulé des images afin de créer des « scènes irréelles donnant l'impression au monde qu'une guerre civile menace le gouvernement au pouvoir. »

Un procès « politisé »

Le groupe de défense des droits humains, Human Rights Watch, considère que ce procès est purement « politisé ». Depuis la chute du président Hosni Mubarak, le gouvernement mène une campagne de répression et musèle de plus en plus les médias et les manifestants qui critiquent le gouvernement. Human Rights Watch redoute que la tenue de ce procès signale le retour d'un état policier en Égypte.

« Les journalistes ne devraient pas craindre des années de prison pour avoir fait leur travail », a déclaré Joe Stork, le directeur du groupe au Moyen-Orient.

En santé, mais le moral vacille

Les journalistes accusés ont profité du tribunal pour dénoncer leur conditions de détention. À leur arrivée, ils ont crié aux journalistes que leurs situation est « psychologiquement insoutenable ». Ils disent n'avoir droit qu'à une heure de sortie par jour et les visites avec leurs avocats et leur famille sont hautement surveillés.

L'Australien Peter Greste a indiqué que tous se portaient bien, du moins physiquement. « Psychologiquement, c'est très difficile », a-t-il ajouté, selon des propos rapportés sur Twitter.

Ils ont toutefois laissé entendre que la plupart des accusés ne reçoivent pas d'information concernant le processus judiciaire les concernant. Deux d'entre eux ont appris jeudi seulement que leur procès devait débuter le jour même.

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