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France : honneur suprême attendu vendredi pour quatre grands résistants

20/02/2014 10:57 EST | Actualisé 22/04/2014 05:12 EDT

Le président français François Hollande va annoncer vendredi le transfert des cendres de quatre grands résistants, dont deux femmes, au Panthéon, un monument au coeur de Paris où reposent des personnalités ayant marqué l'Histoire de France.

Cette annonce aura lieu à l'occasion d'un hommage solennel du chef de l'Etat au Mont-Valérien, près de Paris, où furent fusillés plus de mille résistants et otages pendant l'occupation allemande.

Une source gouvernementale a confirmé que les quatre personnalités choisies par le président français étaient l'ethnologue Germaine Tillion et une nièce du général de Gaulle, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, ainsi que l'un des dirigeants de la Résistance, Pierre Brossolette et un homme politique assassiné en juin 1944 par des miliciens, Jean Zay.

M. Hollande avait hâte de faire entrer des femmes au Panthéon qui n'en compte pour l'instant que deux sur un total de 71 grandes figures (hommes politiques, intellectuels, scientifiques...) que la France d'après la Révolution a voulu honorer : la physicienne Marie Curie et Sophie Berthelot. Cette dernière n'y figure d'ailleurs qu'en qualité d'épouse du chimiste Marcellin Berthelot.

Née en 1907, décédée en 2008 à 100 ans, Germaine Tillion appartenait pendant la Deuxième Guerre mondiale à une catégorie de prisonniers rebelles appelés les "Verfügbar" (littéralement "disponibles") qui, n'étant délibérément inscrits dans aucune colonne de travail, étaient corvéables à merci.

Elle avait rejoint en 1940 un réseau de résistance, dit "du Musée de l'Homme". Arrêtée en 1942, elle est internée dans le camp de concentration de Ravensbrück, en Allemagne, le seul réservé aux femmes. En 1944, pour soulager sa détresse et faire acte de résistance, elle avait écrit une opérette-revue, "Le Verfügbar aux enfers". Son manuscrit ne sera édité qu'en 2005, la première création sur scène de cette oeuvre sans équivalent dans l'histoire des camps nazis n'intervenant à Paris qu'en juin 2007.

Le titre résume la démarche de l'auteure en soulignant l'enfer des camps nazis tout en faisant un clin d'oeil à une opérette d'Offenbach ("Orphée aux enfers"): humour noir teinté d'autodérision. Quand Germaine Tillion évoque par exemple "un camp modèle avec tout confort, eau, gaz, électricité", le choeur répond: "gaz surtout"...

- Graffiti de résistants -

Fille du frère aîné du général de Gaulle, Geneviève de Gaulle-Anthonioz est étudiante lorsqu'elle rejoint la résistance. Rescapée elle aussi de Ravensbrück, elle prendra en 1964 la tête du mouvement ATD-Quart Monde (Agir pour tous dans la dignité) en faveur des plus démunis. Elle est décédée en 2002.

Ministre de l'Education du Front Populaire, Jean Zay, tué en 1944 par la milice de Vichy (siège du régime pratiquant une politique de collaboration avec l'Allemagne sous l'occupation), a laissé une profonde empreinte sur le système éducatif français. La société française lui doit la scolarité obligatoire jusqu'à 14 ans ou encore l'interdiction du port d'insignes politiques et religieux à l'école.

Arrêté en 1944, torturé, le journaliste et militant socialiste Pierre Brossolette se suicide à Paris en se jetant d'une fenêtre, menotté dans le dos, pour ne pas livrer de secrets à la Gestapo. Il a oeuvré pendant la guerre à la formation du Conseil national de la résistance, avec notamment Jean Moulin.

Le site du Mont-Valérien, à l'ouest de Paris, est visité chaque année par 20.000 personnes qui peuvent voir les graffitis de résistants sur les murs de la chapelle où les condamnés à mort étaient enfermés avant leur exécution. Ce fut le principal lieu d'exécution en France utilisé par l'armée allemande entre le 1er janvier 1941 et le 15 juin 1944.

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