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Egypte/Procès Al-Jazeera: nouvelle forte mise en garde américaine

20/02/2014 03:35 EST | Actualisé 22/04/2014 05:12 EDT

Un diplomate américain a renouvelé jeudi la mise en garde des Etats-Unis à l'Egypte quant au respect des libertés et des droits de l'homme, à l'occasion de l'ouverture du procès de 20 journalistes d'Al-Jazeera.

Washington, dont les relations avec Le Caire sont refroidies depuis des mois, a déjà eu ces dernières semaines des mots très sévères contre les autorités égyptiennes à propos de ce procès de 16 Egyptiens, deux Britanniques, une Néerlandaise et un Australien pour "diffusion de fausses informations" et "soutien aux islamistes".

Le procès a toutefois été ajourné au 5 mars.

"Le fait que le gouvernement cible des journalistes et d'autres sur des arguments douteux est non seulement une erreur, mais fait montre aussi d'un mépris flagrant pour la protection des droits fondamentaux et des libertés", a dit à l'AFP un responsable du département d'Etat.

"Tous les journalistes, quelles que soient leurs affiliations, ne doivent pas être visés par la violence, les intimidations ou par des poursuites en justice politisées", a ajouté le diplomate, exprimant encore "l'inquiétude" des Etats-Unis pour "le manque de liberté d'expression et de liberté de la presse en Egypte".

Vingt journalistes d'Al-Jazeera sont jugés. Huit d'entre eux, dont l'Australien Peter Greste, sont détenus et les autres recherchés par les autorités. Les huit détenus ont plaidé non coupable.

Ils sont accusés d'avoir manipulé des images et de soutenir le mouvement des Frères musulmans, déclaré "organisation terroriste" par les autorités mises en places par l'armée après la destitution en juillet du président islamiste Mohamed Morsi. En comparaissant, le journaliste australien Peter Greste s'est dit "épuisé" mais confiant sur une prochaine remise en liberté.

Le Caire avait fermé en septembre la filiale égyptienne de la télévision qatarie, Al-Jazeera Mubasher Misr.

Depuis la destitution du président Morsi, les relations entre l'Egypte et le Qatar sont très tendues: Le Caire a accusé Doha de soutenir les Frères musulmans et l'émirat gazier du Golfe a reproché à l'Egypte la répression meurtrière des partisans de M. Morsi.

Les Etats-Unis, alliés depuis plus de 30 ans à l'Egypte, ont multiplié les avertissements ces derniers mois contre les autorités intérimaires, pour la lenteur de la transition démocratique et les atteintes aux libertés publiques. Washington a également réduit son aide militaire au Caire.

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