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Des négociations qui s'annoncent difficiles avec les fonctionnaires

20/02/2014 05:41 EST | Actualisé 22/04/2014 05:12 EDT

Les prochaines négociations visant à renouveler les conventions collectives des employés de l'État pourraient s'avérer houleuses en raison de la volonté du gouvernement Marois de restreindre la croissance des dépenses de programmes au cours des prochaines années.

Alors que les contrats de travail des quelque 430 000 fonctionnaires arrivent à échéance en 2015, Québec annonce son intention de mettre de l'avant une « rémunération responsable des employés au service de l'État ».

Dans son budget le ministre des Finances, Nicolas Marceau, souligne qu'en 2013-2014, la rémunération des fonctionnaires québécois s'élevait à 37,3 milliards de dollars, soit 59 % des dépenses des programmes - en plus d'avoir grimpé de 3,6 % en moyenne entre le 1er avril 2010 et le 31 mars 2014.

Le défi est double pour M. Marceau, qui désire récupérer 150 millions de dollars dans l'appareil gouvernemental en 2014-2015 : il reconnaît que l'État doit offrir une rémunération concurrentielle, mais ajoute que la capacité de payer des contribuables doit être prise en considération.

Le ministre n'a pas précisé les aspects sur lesquels les employés de l'État pourraient avoir à faire des concessions lors des prochaines négociations, même si son budget laisse entendre que les augmentations salariales pourraient être « ajustables en fonction des revenus de l'État ».

« Je ne vais pas négocier sur la place publique, a dit le ministre des Finances. L'esprit de la dernière entente [avec les fonctionnaires] m'apparaît raisonnable et je souhaite que nous soyons en mesure d'en arriver à un résultat similaire. »

Le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Jacques Létourneau, a mal accueilli cette annonce et s'est montré inquiet pour ses quelque 170 000 membres concernés par ce dossier.

« Le gouvernement place les enjeux pour la prochaine négociation puisque nous n'avons pas encore déposé nos demandes, à un an de l'échéance, a-t-il dit. C'est à se demander s'il cherche la confrontation. »

De son côté, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), dont 95 % des membres oeuvrent au sein des secteurs public et parapublic, a estimé que Québec faisait « fausse route » en agissant de la sorte, tout en se disant prête à tenter de négocier de bonne foi.

« Pour avoir de la qualité dans la fonction publique, comme en éducation et en santé, ça prend de la qualité, a rappelé sa présidente, Louise Chabot. On va prendre pour acquis qu'on sera en mesure de trouver un terrain d'entente lorsque nos demandes seront déposées. »

Les médecins aussi dans la mire de Québec

Par ailleurs, les médecins spécialistes et omnipraticiens, dont les ententes se terminent le 31 mars 2015, sont dans la mire du gouvernement Marois en ce qui a trait à la rémunération.

Si les ententes conclues entre la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) et la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), signées en 2007 et en 2011, ont permis de résorber l'écart de rémunération avec les médecins pratiquant ailleurs au Canada, il serait surprenant qu'un scénario similaire se répète.

M. Marceau souligne dans son budget que les prochaines ententes devront étaler sur une plus longue période les augmentations salariales afin de dégager des sommes qui seront redirigées dans le système de santé québécois.

Ce dernier rappelle qu'entre 2008-2009 et 2013-2014, la rémunération des médecins a grimpé de 67 % comparativement à 22 % pour les employés des secteurs public et parapublic. En 2013-2014, l'enveloppe budgétaire pour quelque 18 000 médecins a atteint plus de 6 milliards de dollars, selon Québec.

« À l'époque, ces ententes avaient été signées pour effectuer un rattrapage, a affirmé M. Marceau. Elles mettent maintenant beaucoup de pression sur le cadre financier. Je crois que c'est raisonnable d'étaler ces hausses. »

Plus tôt cette semaine, le ministre de la Santé, Réjean Hébert, avait brièvement évoqué ce dossier à l'Assemblée nationale, ce qui a aussitôt fait bondir la Fédération des médecins spécialistes du Québec, qui l'a invité à « se taire ».

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