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Damas va manquer la date limite pour la destruction de ses armes chimiques (sources)

20/02/2014 10:29 EST | Actualisé 22/04/2014 05:12 EDT

Damas ne détruira pas son arsenal chimique pour la date prévue du 30 juin, ont assuré jeudi des sources diplomatiques, évoquant la colère de nombreux Etats membres de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques quant à ce retard qui pourrait atteindre "plusieurs mois".

A la veille d'un Conseil exécutif de l'OIAC qui se penchera sur les retards syriens, Damas n'a évacué que 11% de ses agents chimiques et n'a pas respecté plusieurs dates intermédiaires.

La Syrie a d'ailleurs signifié à l'OIAC qu'elle achèverait l'évacuation de 1.200 tonnes d'agents chimiques dits de catégorie 1 et 2 pour la fin mai, a assuré à l'AFP une source proche du dossier.

Cela représenterait un retard de plusieurs mois sur le programme approuvé par l'ONU à la suite d'un accord russo-américain ayant permis d'éviter des frappes militaires américaines.

Les armes chimiques doivent être évacuées via le port de Lattaquié à bord de navires danois et norvégiens vers le port italien de Gioia Tauro. Elles seront alors transférées sur un navire de la marine américaine équipé pour procéder à leur destruction, un procédé qui devrait durer environ 90 jours.

Une évacuation achevée fin mai entraînerait un non-respect de la date pour laquelle la Syrie s'était engagée à avoir détruit son arsenal chimique, à savoir le 30 juin.

"Les Syriens ont indiqué qu'ils pourraient avoir terminé (l'évacuation, ndlr) à la fin mai, c'est inacceptable", a indiqué à l'AFP une source proche du dossier : "ils cherchent constamment des excuses pour leurs retards".

La Syrie, en proie à une guerre civile depuis trois ans, évoque notamment le manque de sécurité et assure ne pas encore disposer du matériel nécessaire.

Le 6 février, le Conseil de sécurité de l'ONU avait enjoint le régime syrien à "respecter ses obligations" et à accélérer le transport de ses armes chimiques hors de Syrie.

"Ils vont avoir plusieurs mois de retard pour la destruction, mais de leur côté ils disent +si tout est hors du pays pour le 30 juin, ça va, non?+", a soutenu à l'AFP un diplomate occidental.

Des experts de l'ONU et de l'OIAC estiment de leur côté qu'étant donné les circonstances, l'évacuation peut être achevée d'ici à la fin mars, selon une source proche du dossier.

Les diplomates souhaitent quant à eux garder la date limite du 30 juin en point de mire : "tant que la date du 30 juin n'a pas été dépassée, il faut la garder comme objectif", assure la même source.

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