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Civils tués par un drone au Yémen: HRW réclame des comptes à Washington

20/02/2014 12:01 EST | Actualisé 21/04/2014 05:12 EDT

Human Rights Watch (HRW) a exprimé jeudi sa "vive préoccupation" et appelé le gouvernement américain à enquêter sur une frappe de drone conduite en décembre au Yémen qui a selon elle tué une dizaine de civils rassemblés à l'occasion d'un mariage.

Douze personnes ont été tuées et au moins 15 autres ont été blessées le 12 décembre près de Radaa, dans la province de Baïda (centre), quand un drone a lancé quatre missiles Hellfire contre un des 11 véhicules d'un cortège nuptial, affirme l'organisation de défense des droits de l'homme basée à New York, après avoir recueilli des témoignages sur place.

Le jour du drame, les autorités yéménites avaient affirmé à l'AFP que le raid avait touché des membres présumés d'Al-Qaïda mais aussi des civils et fait 17 morts.

Les Etats-Unis n'ont pas officiellement reconnu être à l'origine de la frappe.

Pour Letta Tayler, chargée de la recherche sur l'antiterrorisme à HWR, "le refus des Etats-Unis de s'expliquer sur une attaque mortelle contre un cortège nuptial soulève de vives questions sur le respect par le gouvernement de sa propre politique" encadrant les frappes de drones.

Lors d'un discours en mai dernier, le président Barack Obama avait défini un ensemble de critères nécessaires pour autoriser une frappe, notamment qu'elle ne vise qu'un "haut dirigeant opérationnel d'une organisation terroriste" ou des forces contrôlées par elle, ou encore que les Etats-Unis devaient avoir la "quasi-certitude" que la cible terroriste était présente et qu'aucun "non-combattant" ne serait blessé ou tué.

Pour HRW, Washington "n'a pas démontré que l'attaque (du 12 décembre) remplit ces critères". L'organisation réclame à Washington une enquête dont les conclusions seront rendues publiques.

"Trois ou quatre hommes ont réussi à sortir du véhicule avant la frappe", selon des témoins et un responsable gouvernemental yéménite, rapporte HRW dans son rapport. Mais les témoins et les proches ont confié aux enquêteurs de l'organisation qu'il n'y avait aucun membre d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqap) dans le cortège, selon HRW, qui a obtenu les identités des personnes tuées et blessées.

Les estimations sur le nombre de victimes des frappes "ciblées" américaines au Yémen varient. La New America Foundation, un cercle de réflexion de Washington qui tente de les recenser, totalise depuis 2002, 99 frappes qui ont provoqué la mort de 608 à 793 militants mais aussi de 78 à 84 civils.

mra-ddl/rap

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