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Sotchi 2014: Les championnes olympiques de bobsleigh ont connu des hauts et des bas

20/02/2014 11:29 EST | Actualisé 22/04/2014 05:12 EDT
JOHN MACDOUGALL via Getty Images
Gold Medallist, Canada-1 two-woman bobsleigh pilot Kaillie Humphries (R bottom) and brakewoman Heather Moyse celebrate with family and friends after the Women's Bobsleigh Heat 4 and final run at the Sliding Center Sanki during the Sochi Winter Olympics on February 19, 2014. (Photo credit should read JOHN MACDOUGALL/AFP/Getty Images)

KRASNAÏA POLIANA, Russie - Kaillie Humphries et Heather Moyse sont des coéquipières depuis longtemps, des amies et maintenant des doubles championnes olympiques en bobsleigh.

Comme des soeurs, elles complètent souvent les phrases de l'autre. On peut facilement percevoir la complicité qu'elles ont établie pendant toutes ces années d'entraînement et tous les voyages effectués à travers le monde alors qu'elles participaient à des compétitions.

Elles n'ont cependant pas toujours été si proches. En fait, elles ont cessé de se parler pendant plus de deux ans.

Lors de l'année olympique 2005-2006, Moyse et Humphries étaient des rivales. Elles étaient en compétition avec Jaime Cruickshank pour l'obtention du poste de freineur au sein de l'équipe olympique en prévision des Jeux de Turin.

Moyse venait tout juste de débarquer dans l'univers du bobsleigh, elle qui s'alignait alors avec la formation nationale de rugby. Dotée d'une force énorme et de puissance à l'état brut, la native de l'Île-du-Prince-Édouard a été la meilleure marqueuse lors de la Coupe du monde de rugby en 2006 et elle a terminé à égalité au chapitre des essais en 2010. Après sa victoire de mercredi, Moyse a indiqué qu'elle ne participerait pas à la Coupe du monde qui aura lieu cet été.

Cette dernière a effectué sa première descente de bobsleigh en octobre 2005.

Ses chronos étaient si impressionnants qu'elle a éventuellement été sélectionnée au sein de l'équipage Canada-1 avec la pilote Helen Upperton.

Humphries, de Calgary, était au sein du programme depuis quelques années. Elle a amorcé sa carrière en tant que pilote en 2002 avant de devenir freineuse.

Elle avait enregistré de bons temps lors des compétitions avant les Jeux de Turin. Si elle ne pouvait se tailler une place au sein de l'équipe Canada-1, elle était optimiste d'être sélectionnée au sein de la formation Canada-2 avec la pilote Suzanne Gavine-Hlady.

Humphries a toutefois été ignorée.

Seulement quatre jours avant le début de la compétition, on lui a annoncé que Cruickshank avait mérité le poste. Humphries était atterrée.

Même si elle était mécontente, Humphries a accepté son poste de réserviste et encouragé ses coéquipières. Au même moment, elle a décidé qu'elle voulait devenir pilote afin de pouvoir contrôler son propre destin.

L'expérience des Jeux de Turin a presque mis un terme à l'amitié entre Humphries et Moyse.

«Ce n'était pas nous, c'était un mélange de beaucoup de choses et nous ne nous sommes pas adressées la parole pendant deux ans sans vraiment savoir pourquoi», a expliqué Humphries, mercredi.

Un long voyage en Europe à la fin de l'année 2008 a aidé à rétablir les choses.

Humphries conduisait Moyse et une autre coéquipière au circuit de bobsleigh. C'était un long voyage et il y avait plus de silences que de longues conversations.

Moyse a tenté quelques blagues, a parlé des hommes, d'adversaires étrangères, mais rien n'y faisait.

Elle a éventuellement saisi un livre qu'elle avait amené pour passer le temps. Il était rempli de centaines de questions qui commençaient toutes par «si», et qu'elle pouvait demander aux autres pour le plaisir.

Moyse ne portait pas attention au texte et lisait simplement les questions. Elles étaient plutôt inoffensives, comme: «Si tu pouvais dîner avec trois personnes dans le monde, avec qui ce serait?»

Elle a ensuite lu une question qui a augmenté la tension.

«Si tu pouvais pardonner à quelqu'un qui vous a fait du tort dans le passé ou qui a fait quelque chose...»

La voix de Moyse s'est estompée. Sa coéquipière l'a regardée en silence en levant les sourcils.

Pesonne ne parlait. Les secondes étaient aussi longues que des minutes.

Incertaine, Moyse a blagué dans l'espoir de détendre l'atmosphère.

«Je suis probablement dans ton top-10, n'est-ce pas Kaillie?»

Un silence encore plus lourd s'est installé avant que Humphries ne brise finalement la glace.

«J'ai réalisé que ce qui était arrivé à Turin n'avait rien à voir avec toi. Ce n'était pas ta faute, tu ne faisais que ton travail», a-t-elle dit.

Il s'agissait d'un développement important qui a enlevé une tonne de pression sur les épaules des deux coéquipières. Elles pouvaient finalement se parler.

«Aussitôt qu'elle a dit ça, j'ai réalisé qu'elle ne me blâmait pas pour ce qui était arrivé, a déclaré Moyse. C'était énorme.»

Quelques semaines plus tard, on a demandé à Moyse si elle était prête à faire équipe avec Humphries. Elle a alors accepté, en route vers deux médailles d'or olympiques.

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