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Centrafrique: le Tchad met fin au rapatriement de ses ressortissants

20/02/2014 03:53 EST | Actualisé 21/04/2014 05:12 EDT

Le Tchad a annoncé avoir mis fin à son opération de rapatriement sous protection militaire de ses ressortissants établis en Centrafrique et victimes d'exactions de la part de miliciens majoritairement chrétiens anti-balaka et de pillards.

Un dernier convoi à destination du Tchad a quitté Bangui mercredi matin, sous escorte de soldats tchadiens et de militaire de la force africaine (Misca), donnant lieu, comme à chaque départ à des manifestations d'hostilité de foules en colère contre les civils et les militaires tchadiens.

"Je déclare solennellement la fin des opérations organisées de rapatriement de nos compatriotes de la RCA (République centrafricaine). Je voudrais féliciter chaleureusement l'ambassadeur du Tchad en RCA et les partenaires pour la gestion responsable de cette opération", a déclaré mercredi soir à la presse à N'djamena le Premier Ministre tchadien, Kalzeube Payimi Deubet.

"99% de nos ressortissants en RCA, qui le souhaitaient, sont rapatriés", a-t-il ajouté en dénonçant "des attaques répétées des convois des véhicules ayant à bord des personnes sans défense, affectées par la barbarie de ceux-là qu'ils considéraient comme des frères".

Il n'a pas donné de chiffres mais depuis décembre, des dizaines de milliers de civils musulmans, dont bon nombre de Tchadiens, ont fui les violences en Centrafrique qui ont pris, selon Amnesty International, une tournure de "nettoyage ethnique" après des mois de tueries interreligieuses.

Ils sont accusés par une partie de la population de collusion avec les combattants majoritairement musulman de la Séléka qui avaient pris le pouvoir en mars 2013 et multiplié pendant des mois en toute impunité les exactions contre des chrétiens.

Les Tchadiens, très nombreux en Centrafrique, ont été particulièrement visés par les violences, certains combattants Séléka étant eux-mêmes tchadiens. En outre, des soldats tchadiens de la Misca ont été accusés à plusieurs reprises d'avoir des relations privilégiées avec ces combattants. Le Tchad a toujours nié une telle connivence.

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