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Budget: l'absence de mesures concrètes pour générer des revenus inquiète

20/02/2014 04:16 EST | Actualisé 22/04/2014 05:12 EDT

QUÉBEC - Il est très difficile de savoir précisément quels moyens le gouvernement Marois mettra de l'avant afin de générer davantage de revenus au cours des prochaines années, estiment les différents intervenants ayant commenté le budget du ministre des Finances, Nicolas Marceau, déposé jeudi.

M. Marceau dit avoir déposé un budget «responsable» et «dont le Québec avait besoin», qui comporte entre autres des compressions budgétaires, une révision des services et programmes offerts à la population ainsi qu'une hausse des tarifs de garderies.

«Ça prenait un budget pour parler de revenus afin de faire croître l'économie, mais il (le budget) repose plutôt sur un faible taux de croissance des dépenses (de deux pour cent en moyenne)», a déploré la présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Louise Chabot.

Selon elle, un taux de croissance moyen limité à deux pour cent ne représente qu'une invitation aux compressions. «C'est impossible de faire face aux défis de demain avec un taux de croissance comme celui-là», a-t-elle dit.

Le président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jacques Létourneau, y est allé du même constat.

«On annonce déjà un cadre financier très limité, a-t-il souligné. Il n'y a pas de propositions pour débattre de pistes afin de trouver de nouveaux revenus dans le futur.»

De son côté, le président du Conseil du patronat du Québec (CPQ), Yves-Thomas Dorval, s'est montré satisfait de la volonté du ministre Marceau de contrôler les dépenses, mais s'est demandé comment ce dernier serait en mesure d'y arriver.

«Il y a beaucoup de points d'interrogation puisque les crédits (des différents ministères) n'ont pas été dévoilés, a-t-il souligné. Je me demande où sont les possibilités du gouvernement pour qu'il puisse atteindre ses cibles, d'autant plus qu'il a bénéficié de transferts fédéraux pour son budget actuel.»

Le président du CPQ estime que le contexte électoral qui plane à l'Assemblée nationale explique en partie ce manque de détails dans le budget du ministre Marceau.

«On veut ménager la chèvre et le choux, ce qui fait en sorte que nous n'avons pas d'engagements fermes comme on devrait en avoir. Pour le futur du Québec, nous sommes pourtant rendus dans la prise de décisions plutôt que de continuer à réfléchir sur certains enjeux», a-t-il dit.

M. Dorval a néanmoins salué la volonté du gouvernement Marois de revoir le mode de financement du réseau de la santé par le biais d'un rapport d'experts.

«L'important, c'est d'être informé sur le dossier et en ce sens le rapport est intéressant, a indiqué le président du CPQ. Il faudra repenser le financement de la santé et envisager la participation du privé dans le réseau, nous n'aurons pas le choix. Il faut considérer de nouvelles dynamiques.»

L'absence de moyens concrets afin de générer des revenus inquiète également la vice-présidence de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), Martine Hébert, qui s'attendait toutefois à ce genre de situation.

«Le gouvernement Marois a dévoilé beaucoup de politiques en plus d'effectuer énormément d'annonces à l'automne, on ne pouvait pas nécessairement s'attendre à quelque chose de grandiose et de nouveau dans ce budget», a-t-elle dit.

Le possible déclenchement d'un scrutin a également été évoqué par le premier vice-président du Syndicat de la fonction publique du Québec, Christian Daigle, qui a qualifié le budget du ministre Marceau «d'électoraliste».

«Il n'y a pas de ventilation en ce qui a trait aux crédits, alors pour nous c'est sûr que c'est un peu fade comme exercice», a-t-il dit.

M. Daigle estime que le gouvernement Marois désire parfaire son image en évoquant la négociation des prochains contrats de travail avec les quelque 430 000 employés de l'État en 2015.

«C'est un message qui est un clip pour les prochaines élections, a-t-il souligné. Il (le gouvernement) veut se donner une bonne image pour montrer qu'il peut contrôler les dépenses ainsi que les négociations (avec ses employés).»

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