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Ban Ki-moon demande un renfort de 3000 soldats d'urgence en Centrafrique

20/02/2014 09:34 EST | Actualisé 22/04/2014 05:12 EDT

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a exhorté jeudi la communauté internationale à envoyer d'urgence 3000 soldats et policiers en renfort en Centrafrique afin de mettre fin aux affrontements entre chrétiens et musulmans qui menacent de tourner au génocide.

Ban a informé le Conseil de sécurité qu'il lui recommanderait très prochainement la création d'une mission de maintien de la paix avec un mandat de protection des populations civiles.

« Mais le déploiement de cette opération de maintien de la paix, si elle est autorisée, prendra des mois. Le peuple de République centrafricaine ne peut pas attendre des mois », a-t-il toutefois souligné. « La communauté internationale doit agir maintenant, avec décision. »

« Les besoins qu'exige le rétablissement de la sécurité dépassent de loin les moyens que représentent actuellement les troupes internationales », a-t-il dit. « J'appelle au renforcement rapide des troupes françaises et de l'Union africaine déjà sur le terrain avec le déploiement additionnel d'au moins 3000 soldats et policiers. »

Ces renforts porteraient à 12 000 hommes le contingent sur place et cette force pourrait parer au plus pressé en attendant le déploiement d'une mission de maintien de la paix, qui pourrait durer jusqu'à six mois.

L'Union européenne a déjà promis d'envoyer 1000 hommes, qui doivent s'ajouter aux 6000 de la mission africaine de maintien de la paix (MISCA) et aux quelque 2000 soldats dépêchés par la France.

Les soldats de l'opération française Sangaris, lancée début décembre, étaient au nombre de 1600 jusqu'à l'annonce, vendredi dernier par Paris, de l'envoi de 400 hommes supplémentaires.

« Je suis reconnaissant envers ces engagements », a dit Ban Ki-moon. « Mais il faut davantage, vite, et toute la communauté internationale doit partager ce fardeau. »

La force devra, a-t-il ajouté, « contenir la violence, protéger les civils, empêcher de nouveaux déplacements [de population], créer un environnement sûr pour la livraison de l'aide humanitaire et préparer un transfert à une mission de maintien de la paix de l'ONU le plus vite possible ».

Pour l'heure, les forces déployées par la communauté internationale ne sont pas parvenues à enrayer le cycle de violences qui a débuté avec la prise du pouvoir par les miliciens de la Séléka, à majorité musulmane, il y a un an.

Ban s'est dit gravement préoccupé par le risque de génocide et a mis en garde contre la « partition de facto » qui se dessine en République centrafricaine. Près d'un million d'habitants ont été déplacés par les combats, soit un quart de la population.

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