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Avec 2 autres buts dont celui en or, Marie-Philip Poulin connaît la consécration

20/02/2014 02:28 EST | Actualisé 22/04/2014 05:12 EDT

SOTCHI, Russie - Comme elle l'avait fait à Vancouver, Marie-Philip Poulin a marqué deux buts pour mener le Canada à une victoire de 3-2 face aux États-Unis en finale du tournoi de hockey fémin des Jeux olympiques de Sotchi. Mais elle ne comptera peut-être plus jamais deux buts aussi dramatiques de sa carrière.

Poulin, qui a joué le tournoi olympique en dépit d'une blessure à la jambe, a d'abord permis au Canada de compléter son retour en marquant le but égalisateur avec seulement 55 secondes à faire à la troisième pour forcer la tenue de la prolongation.

Puis, alors qu'Équipe Canada profitait d'un avantage numérique, la patineuse de 22 ans de Québec a complété le jeu de Laura Fortino pour permettre au pays de mettre la main sur l'or olympique.

«C'est incroyable, a-t-elle lancé aux journalistes, un large sourire au visage. C'est un moment vraiment inoubliable. C'est un autre rêve qui se réalise, je n'aurais pas pu demander mieux.»

Postée dans le cercle gauche, Poulin a inscrit son cinquième du tournoi d'un tir des poignets, surprenant la gardienne Jessie Vetter, qui a stoppé 28 tirs, complètement hors position.

«Pour vrai, sur le coup, je n'ai même pas réalisé. Je n'ai eu aucune réaction, c'était trop incroyable. C'était un beau jeu de Fortino qui m'a remis la rondelle. Je l'ai envoyée au filet et ça a fonctionné.»

Pour l'obtention de la médaille d'or à Vancouver — de nouveau contre les Américaines — Poulin avait aussi marqué deux buts dans un gain de 2-0.

«Ça ne pouvait pas arriver à une meilleure personne, a louangé sa capitaine, Caroline Ouellette, dont il s'agissait possiblement des derniers JO. Elle a dû jouer avec quelques blessures cette saison. Elle est devenue une super leader au sein de notre équipe et c'est une joueuse des grandes occasions. C'est la meilleure au monde selon moi. Je suis tellement fière d'elle, elle le mérite.»

«J’adore sa façon de jouer, a ajouté l'entraîneur-chef, Kevin Dineen. Il y a quelque chose avec elle… Elle ne parle pas beaucoup, mais je capte toujours son regard, je sens que c’est une joueuse pour les grands matchs. Elle l’a montré à Vancouver et l’a affirmé encore ce soir.»

«C'est une fille qui va faire n'importe quoi pour l'équipe. C'est une joueuse incroyable. Elle l'a montrée aux derniers JO et elle l'a encore remontré» a renchéri Mélodie Daoust.

«Le hockey,c'est ma passion depuis que je suis toute jeune et à chaque fois que je vais sur la glace, j'essaie de m'amuser, a déclaré Poulin pour expliquer ses succès dans les matchs-clés. Ce soir j'ai tenté de tout faire pour gagner la médaille d'or.»

Poteau opportun

Cette conscration de Poulin a bien failli ne jamais survenir. Alors que le Canada attaquait à six contre cinq avec Shannon Szabados (26 arrêts) de retour au banc, la défenseuse Catherine Ward est entrée en contact avec une officielle à la ligne bleue des États-Unis. Cette collisison a permis à une Américaine de dégager son territoire et la rondelle a lentement sautillé jusqu'au but canadien, où elle a frappé de plein fouet le poteau.

«On a tous poussé un soupir, a raconté Daoust. Je me suis dit: 'C'est un signe, c'est un signe'.»

«C'était tellement de la malchance: Catherine qui entre en collision avec l'arbitre. On dirait que le karma nous a donné une autre chance, a philosophé Ouellette. Ça nous a permis de demeurer à six contre cinq et juste un but de retard et obtenir une autre chance. J'ai eu vraiment peur.»

Et qu'on fait les joueuses à compter de ce moment?

«Personnellement, je pense n'avoir jamais autant prié, a admis Daoust. Je demandais à n'importe qui de nous aider.»

Pourtant, la performance des Canadiennes ne laissait pas présager un tel dénouement, tellement elles ont fait preuve de mauvaise exécution et pris de mauvaises décisions pendant la majeure partie du match. En fait, elles ne se sont mises à jouer qu'après le but d'Alex Carpenter, marqué en début de troisième, pendant la troisième pénalité du match à Tara Watchorn, et qui portait la marque à 2-0. Meghan Duggan, avec son quatrième du tournoi, avait ouvert la marque en deuxième.

Les Canadiennes ont alors redoublé d'ardeur, affiché un style plus agressif et offert du jeu plus solide. Elles ont aussi profité d'un coup de chance pour revenir dans le match: Brianne Jenner a amorcé la remontée du Canada à 16:34, quand son tir a dévié sur la jambière de la défenseuse Kacey Bellamy.

«Je pense que le but de Brianne nous a vraiment donné le momentum», a avancé Poulin.

«Quand il reste trois minutes et que tu perds par deux buts, tu peux penser que c'est terminé, a admis Ouellette. Mais le but de Jenner nous a tellement redonné espoir, tellement permis de croire encore qu'on pouvait y arriver. On a été dans tellement de matchs au cours desquels nous avons vécu ces situations qu'on savait qu'on pouvait y arriver.»

Et elles y sont arrivé. Depuis l'admission du hockey féminin aux JO, soit à Nagano, en 1998, le Canada n'a jamais fait pire qu'une médaille d'argent, à ces premiers Jeux, s'inclinant devant les États-Unis. Depuis, il a mis la main sur les quatre médailles d'or, trois fois aux dépens des Américaines.

«On n'avait rien à perdre: on avait le momentum après la troisième, a conclu Daoust. On était toutes ensemble tout au long de la troisième et c'est ce que ça a donné. J'ai encore les jambes molles, je n'en reviens pas!»

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