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Augmentation de 2 $ dans les CPE, regroupements dans les commissions scolaires

20/02/2014 04:16 EST | Actualisé 22/04/2014 05:12 EDT

QUÉBEC - Il en coûtera plus cher pour envoyer la marmaille à la garderie: après un gel de dix ans à 7 $ par jour, le tarif pour les services de garde passera à 8 $ à compter du 1er septembre 2014, puis à 9 $ l'année suivante, et sera indexé pour les années subséquentes.

La mesure contenue dans le budget 2014-2015 déposé jeudi par le ministre des Finances, Nicolas Marceau, vise à rétablir l'équilibre entre la contribution du gouvernement et celle des parents.

Selon les données présentées dans le budget, le gel de tarif fait en sorte que la part de la contribution parentale, qui se situait à environ 20 pour cent au moment de la création du réseau des Centres de la petite enfance (CPE), en 1997, est passée à 17,2 pour cent en 2004-2005, puis à 13,4 pour cent en 2013-2014.

En campagne électorale, le gouvernement Marois avait promis de maintenir le tarif de 7 $ pendant son mandat.

Le ministre des Finances a toutefois nié que le gouvernement n'avait pas tenu parole et fait valoir que les péquistes s'étaient engagés à ne pas hausser les tarifs tant que le réseau ne serait pas complété, ce qui sera chose faite dans deux ans, a-t-il plaidé.

La hausse de tarif a provoqué une véritable levée de boucliers du côté des partis d'opposition.

«C'est un choc tarifaire important pour les contribuables, surtout de la classe moyenne», a lancé le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Philippe Couillard.

«Je vous annonce tout de suite que pour nous, la politique sera celle de l'indexation (au coût de la vie)», a ajouté le député d'Outremont.

Le leader de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, s'est également montré choqué d'apprendre que le montant de la facture des familles grimperait.

«On parle d'une augmentation de 14 pour cent deux fois, donc 28 pour cent sur deux ans. Ça représente, pour une famille qui a deux enfants, 480 $ par année. (…) La deuxième année, c'est 1000 $ d'augmentation», a tonné le chef caquiste.

«Certaines personnes peuvent dire que les tarifs de garderie sont bas au Québec; par contre, il faut regarder le portrait global du fardeau fiscal: les familles du Québec sont surtaxées. Il y avait un seul avantage, c'était d'avoir des tarifs de garderie plus bas», a poursuivi François Legault.

La réaction a été encore plus cinglante du côté de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

«C'est totalement indécent. Le gouvernement, dans ce budget-là, sa seule source de revenus additionnels à laquelle il a pensé, c'est d'augmenter la contribution réduite des parents au niveau des services de garde. C'est une totale aberration», a décrié la présidente de l'organisation syndicale, Louise Chabot.

«On semble complètement avoir perdu de vue pourquoi on a mis ça en place, les services à la petite enfance au Québec», a-t-elle laissé tomber.

Du côté de l'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE), on s'est montré «surpris de la rapidité et de l'ampleur» de la hausse.

Selon Geneviève Blanchard, chef des relations publiques de l'association, les montants proposés par le ministre des Finances n'ont «jamais été discutés» lors du chantier sur le financement du réseau.

«Nous avons toujours été contre un choc tarifaire», a écrit Mme Blanchard dans un courriel, déplorant au passage «qu'aucune mesure d'atténuation» pour les familles à faible revenu n'ait été annoncée par le ministre Marceau.

Les commissions scolaires sous la loupe

Le gouvernement Marois compte également revoir un autre réseau: celui des commissions scolaires, dans lequel il a investi quelque 8,5 milliards $ en 2013-2014, et qu'il souhaite restructurer afin de dégager et réinvestir quelque 125 millions $ par année.

Des disparités importantes sont observées dans les coûts par élève dans les 72 commissions scolaires que compte le Québec: plus la taille d'une commission scolaire augmente, plus ses coûts par élève sont faibles, peut-on lire dans le deuxième budget Marceau.

«On a calculé des économies beaucoup plus importantes que le 125 millions $, je ne vous le cache pas, mais on est très conservateurs et on ne veut pas faire miroiter des sommes qui ne seront pas au rendez-vous», a exposé Nicolas Marceau.

Des fusions sont donc à envisager dans le réseau. Le gouvernement, qui a mandaté un groupe d'experts pour se pencher sur ce dossier, a par ailleurs l'intention de se pencher sur les façons d'assurer un «meilleur encadrement du pouvoir de taxation» des commissions scolaires.

«Pour l'instant, il y a quelques contraintes, mais il y a moyen d'ajouter des contraintes; moi je pense qu'on va plus dans le sens de plus de contraintes (…) parce qu'on n'a pas été satisfaits complètement de la réaction l'année dernière», a exposé le ministre Marceau.

Les commissions scolaires se sont retrouvées dans l'eau chaude au cours des derniers mois en raison du prélèvement d'une taxe scolaire dont le montant a été jugé excessif.

La Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) a récemment vu trois de ses membres se désaffilier, notamment pour protester contre l'octroi d'une allocation de transition à la présidence.

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