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Accusations criminelles contre un leader de l'opposition vénézuelienne

20/02/2014 02:31 EST | Actualisé 21/04/2014 05:12 EDT

Un leader de l'opposition vénézuélienne fera finalement face à des accusations criminelles pour avoir organisé la manifestation qui a donné lieu à une semaine de troubles à travers le pays.

Un juge a statué, tôt jeudi, que les preuves sont suffisantes pour maintenir en détention Leopoldo Lopez, qui s'est spectaculairement rendu aux forces de l'ordre cette semaine pendant que des milliers de ses partisans l'acclamaient. Il devra notamment répondre d'accusations d'incendie criminel et d'incitation criminelle, en lien avec une importante manifestation organisée le 12 février.

Les procureurs ont toutefois décidé d'abandonner les accusations les plus graves, à savoir celles de meurtre et de terrorisme, quand M. Lopez s'est présenté devant la justice sur une base militaire près de Caracas, au terme d'une nuit de violence.

L'homme de 42 ans est passible d'une peine de 10 ans de prison s'il est reconnu coupable.

Quelques heures avant l'annonce de cette décision, lors d'une allocution télévisée de plus de deux heures, le président Nicolas Maduro avait laissé entendre que M. Lopez pourrait demeurer en prison et faire l'objet d'accusations criminelles.

« J'ai dit, "Jetez-le en prison", et c'est ce qui s'est produit et c'est ce qui va arriver à tous les fascistes, a-t-il lancé. Je ne lui permettrai pas de défier la volonté du peuple vénézuélien ou la Constitution. »

Le gouvernement accuse M. Lopez, un ancien maire et le chef du parti Voluntad Popular (Volonté populaire), d'avoir voulu orchestrer un coup d'État.

Pendant que la décision de la justice se faisait attendre, des manifestants antigouvernementaux de Caracas et d'autres villes ont incendié des poubelles et lancé des pavés aux membres de la Garde nationale pendant la nuit. Ceux-ci ont répliqué avec des gaz lacrymogènes, des balles de caoutchouc et des canons à eau.

Des coups de feu ont aussi été entendus au centre-ville de Caracas, mais on ne rapporte aucune victime.

L'opposition a annoncé la tenue de manifestations dans plusieurs villes du pays samedi pour protester contre l'incarcération du militant et dénoncer la criminalité élevée, la pénurie de différents biens de consommation et le taux d'inflation de plus de 50 % qui touchent le Venezuela.

Le président a annoncé qu'il adoptera des mesures drastiques à Tachira, un bastion de l'opposition dans l'ouest du pays, près de la frontière avec la Colombie, où des affrontements féroces ont éclaté entre manifestants et forces de l'ordre. M. Maduro s'est dit prêt à adopter un « état d'exception », une forme de loi martiale.

« S'il faut que je décrète un état d'exception pour Tachira et que j'envoie des blindés, c'est ce que je suis prêt à faire », a-t-il déclaré.

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