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Violences en Ukraine : les condamnations et les demandes de sanctions se multiplient

19/02/2014 10:46 EST | Actualisé 21/04/2014 05:12 EDT

Les réactions internationales se sont multipliées mercredi après la nuit de violences en Ukraine, plusieurs pays européens se prononçant en faveur de sanctions contre le gouvernement du président Viktor Ianoukovitch, le chef de la diplomatie de l'UE évoquant cette possibilité pour la première fois.

Pour sa part, la Russie, proche du président ukrainien, a dénoncé mercredi la "tentative de coup d'Etat" et rejeté la politique de sanctions et de médiation des Occidentaux. "Sur le fond il s'agit d'une tentative de coup d'Etat", a déclaré dans un communiqué le ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, accusant de nombreux pays occidentaux d'avoir "essayé par tous les moyens de s'ingérer" et d'avoir "encouragé l'opposition à agir hors du terrain légal" et d'avoir "menacé de sanctions".

La Maison Blanche a, quant à elle, dénoncé mercredi les violences "totalement scandaleuses" qui se sont déroulées à Kiev et renouvelé son appel au président ukrainien à apaiser la situation.

Les ministres des Affaires étrangères de l'UE doivent de leur côté se retrouver jeudi après-midi pour une réunion extraordinaire à Bruxelles pour discuter de l'Ukraine.

"Toutes les options seront étudiées, y compris des sanctions contre les responsables de la répression et des violations des droits de l'homme", a déclaré Mme Catherine Ashton, chef de la diplomatie de l'Union européenne.

"Nous espérons que les Etats membres de l'UE pourront se mettre d'accord dans l'urgence sur des mesures ciblées contre les responsables de la violence et l'usage excessif de la force", a déclaré pour sa part le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

La président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel ont condamné mercredi des "actes inqualifiables, inadmissibles intolérables" en Ukraine, assurant que leurs auteurs seraient "sanctionnés".

"La chancelière et moi-même, avec nos deux gouvernements, nous avons condamné tous ces actes et la répression venant du pouvoir", a déclaré M. Hollande en promettant des sanctions, à l'issue d'un conseil des ministres franco-allemand à Paris.

Le président français François Hollande avait demandé un peu plus tôt à l'UE la mise en oeuvre dès jeudi de sanctions "ciblées" contre les responsables des violences policières en Ukraine.

Le chef du gouvernement polonais Donald Tusk a appelé lui aussi mercredi ses partenaires européens à introduire "des sanctions qui devraient toucher sévèrement les auteurs du drame ukrainien, des sanctions personnelles et financières".

Selon la présidente lituanienne Dalia Grybauskaite, l'Ukraine est désormais "au bord de la guerre civile. Nous devons parler de sanctions internationales", a-t-elle insisté.

Pour le ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt, fervent partisan des sanctions, le temps du dialogue est révolu car Ianoukovitch "a du sang sur le mains".

Londres est sur la même ligne, le ministre des Affaires étrangères, William Hague, estimant que le gouvernement devrait "rendre des comptes" pour "la violence inacceptable" contre les manifestants à Kiev.

Le haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Navy Pillay, a quant à elle condamné les violences meurtrières en Ukraine et appelé à une "enquête urgente et indépendante".

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a estimé que M. Ianoukovitch avait commis une "grosse faute" en refusant d'engager des "discussions sérieuses" avec ses opposants pour sortir de la crise.

De son côté le chef de la diplomatie italienne, Emma Bonino, a mis en garde "contre le risque concret d'une guerre civile" en Ukraine et a lancé "un appel déterminé aux autorités ukrainiennes" pour qu'elles mettent fin aux "réactions violentes, aveugles, disproportionnées face aux protestations populaires".

Le pape François s'est déclaré "préoccupé" par les troubles qui secouent l'Ukraine, demandant à toutes les parties de "cesser toute action violente et à rechercher la concorde et la paix".

Quant à la légende du saut à la perche Sergueï Bubka, aujourd'hui président du comité olympique ukrainien, il s'est dit "choqué" par la situation dans son pays "surtout que les violences ont lieu pendant les Jeux olympiques", demandant sur son site internet que "la trêve olympique" soit respectée.

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