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Venezuela : l'opposition appelle à se mobiliser pour son dirigeant arrêté

19/02/2014 08:38 EST | Actualisé 21/04/2014 05:12 EDT

L'opposition a de nouveau appelé à la mobilisation mercredi au Venezuela, en soutien au dirigeant radical Leopoldo Lopez, qui devait être présenté à un juge au lendemain de sa reddition.

"Nous allons accompagner Leopoldo (...) qui est victime d'un processus judiciaire truqué", a déclaré mardi soir lors d'une conférence de presse le maire de Caracas, Antonio Ledezma, autre opposant au président Nicolas Maduro, sous pression depuis le lancement début février d'une fronde étudiante contre l'insécurité, l'inflation et les pénuries.

Une responsable du mouvement étudiant, Gaby Arellano, a, elle, donné rendez-vous sur son compte Twitter à "10h00 (14H30 GMT) devant le palais de justice".

M. Lopez, 42 ans, fondateur du parti Voluntad Popular (droite) est visé par un mandat d'arrêt pour homicide et incitation à la délinquance depuis une manifestation ayant fait trois morts la semaine dernière à Caracas. Il est l'un des opposants les plus radicaux au président Maduro dans ce mouvement de contestation.

Mardi, il s'est rendu à la police devant des milliers de partisans rassemblés sur une place de l'est huppé de la capitale.

"Au cours des prochaines heures, le ministère public présentera devant le tribunal le citoyen Leopoldo Lopez, dans le respect de tous ses droits", a posté mardi soir sur son compte Twitter la procureure Luisa Ortega Diaz.

Cet opposant diplômé de Harvard à la carrière politique émaillée de démêlés avec le pouvoir "chaviste" (du nom de l'ancien président Hugo Chavez), a reçu le soutien de la coalition d'opposition de la Table de l'unité démocratique (MUD), en particulier des secteurs les plus radicaux. Ceux-ci appuient sa stratégie d'occupation des rues pour tenter d'obtenir "La Salida" (leur mot d'ordre : "La Sortie") du gouvernement.

Mais sa stratégie de confrontation radicale ne fait pas l'unanimité au sein de la coalition et M. Lopez bénéficie surtout du soutien de la jeunesse mobilisée.

- Détourner l'attention -

Pour le politologue Angel Oropeza, la détention de Leopoldo Lopez complique la situation du pouvoir, qui "devra bien mesurer ses conséquences politiques".

"Probablement, ils vont le retenir quelques jours. S'ils le libèrent déjà, ce sera un signe de faiblesse, mais s'ils le retiennent trop longtemps, cela pourrait stimuler encore plus les manifestations et augmenter la pression internationale", estime ce professeur de sciences politiques à l'Université Simon Bolivar (USB) interrogé par l'AFP.

D'après lui, l'unique point positif pour le gouvernement est d'être parvenu "à sortir de la difficulté d'avoir à apporter des réponses à la crise économique que traverse le pays pour déplacer le débat sur un terrain où il a toujours été plus à l'aise : celui de la confrontation politique".

Nicolas Maduro, dauphin de l'ex-président socialiste Hugo Chavez décédé il y un an, affronte sa plus profonde crise sociale depuis son élection sur le fil en avril 2014 à la tête de ce riche pays pétrolier, toujours marqué par une instabilité économique et politique.

Point d'orgue de 15 jours de manifestations et contre-manifestations, Caracas a été mardi le théâtre de deux mobilisations à l'appel des étudiants et de l'opposition d'une part, et le pouvoir d'autre part.

Dans l'est de la capitale, des milliers de manifestants vêtus de blanc fortement encadrés par la police ont assisté à la reddition très médiatique de Lopez souhaitant que son "arrestation infâme" serve à "réveiller le peuple".

Dans le centre, devant le palais présidentiel de Miraflores, le président Maduro a, lui, harangué une dizaine de milliers d'employés de la compagnie pétrolière publique PDVSA, arborant la couleur rouge du pouvoir. Il s'en est notamment pris à ses homologues de droite chilien et colombien (Sebastian Piñera et Juan Manuel Santos) accusés d'"ingérence".

Malgré les craintes de voir se réitérer les incidents violents lors d'une précédente manifestation la semaine dernière (3 morts, véhicules de police incendiés, dizaines d'interpellations), la journée a été calme.

Des rassemblements de soutien au président Maduro ont eu lieu mardi soir devant les ambassades vénézuéliennes en Argentine, Bolivie, Equateur, au Nicaragua, Pérou et à Cuba.

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