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Un double attentat-suicide fait six morts à Beyrouth

19/02/2014 05:07 EST | Actualisé 20/04/2014 05:12 EDT

Un double attentat-suicide, revendiqué par un groupe affilié à Al-Qaïda, a fait six morts et plus de 100 blessés, mercredi matin à l'heure de pointe, dans un quartier du sud de Beyrouth contrôlé par le Hezbollah libanais.

Selon les services de sécurité, l'attentat a été commis par deux kamikazes, l'un circulant à moto et l'autre en voiture. La stratégie est identique à celle employée lors d'une attaque contre l'ambassade d'Iran, dans ce même quartier, en novembre.

Le mouvement sunnite Les Brigades Abdoullah Azzam, qui entretient des relations étroites avec les Palestiniens réfugiés au Liban et les pays du Golfe, a précisé sur Twitter qu'elles avaient visé un centre culturel iranien.

Les fenêtres d'un orphelinat situé à proximité ont été soufflées et plusieurs enfants font partie des victimes. Le bilan inclut également les kamikazes et un policier en faction devant le centre.

Selon le juge responsable de l'enquête, 160 kilogrammes d'explosifs ont été utilisés lors de cette attaque.

Le groupe qui a revendiqué l'opération a précisé qu'il s'agissait d'une réponse à l'intervention du Hezbollah et de l'Iran sur le sol syrien, aux côtés du pouvoir de Bachar Al-Assad.

« Nous allons continuer [...] à viser les centres sécuritaires, politiques et militaires de l'Iran et de son parti affidé au Liban [le Hezbollah, NDLR] afin d'obtenir satisfaction sur deux sujets : le départ des combattants de Syrie et la libération de tous nos prisonniers des prisons brutales du Liban », a prévenu le groupe.

Le premier ministre Tammam Salam, qui a réussi samedi dernier à former son gouvernement après 11 mois d'impasse politique, a condamné le double attentat.

« Dans cette atmosphère saine qui a suivi la formation du gouvernement, le terrorisme a porté un nouveau coup au Liban [...], soulignant la volonté des forces du mal à déchirer le pays », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Le Hezbollah avait accusé l'Arabie saoudite, principale puissance sunnite dans la région du Golfe et soutien des rebelles syriens, d'être derrière l'attentat contre l'ambassade d'Iran en novembre.

Cette opération faisait partie d'une série d'attaques commises dans des zones à majorité chiite à Beyrouth et dans l'est du Liban.

Le double attentat commis mercredi, le septième depuis le mois de juillet dans la banlieue sud de Beyrouth, s'est également produit près de l'ambassade du Koweït et d'une caserne de l'armée libanaise.

De nombreux hommes politiques locaux vivent dans ce quartier, non loin de l'aéroport.

La télévision libanaise a montré des images de camions de pompiers et de soldats présents dans les rues du quartier jonchées de débris de verre.

Les forces de sécurité libanaises ont appréhendé la semaine dernière un homme du nom de Naim Abbas, lié à Al-Qaïda et considéré comme le cerveau de cette récente série d'attentats à la voiture piégée.

À la suite de cette interpellation, la police avait saisi plusieurs véhicules piégés à l'aide d'explosifs et prêts à être utilisés.

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