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PSA fait sa révolution en s'ouvrant au chinois Dongfeng et à l'Etat pour sortir du rouge

19/02/2014 02:46 EST | Actualisé 20/04/2014 05:12 EDT

Le groupe automobile français PSA Peugeot Citroën espère avoir assuré son avenir avec l'arrivée de l'Etat et du chinois Dongfeng à son capital mais dans l'immédiat sa situation reste difficile, avec une perte nette de 2,3 milliards d'euros en 2013 et un chiffre d'affaires en baisse.

Au terme de plusieurs mois de négociations, le numéro un français de l'automobile a officialisé mercredi sa révolution: il ne sera plus une entreprise familiale.

Dans le cadre d'une augmentation de capital d'un montant global de 3 milliards d'euros, l'Etat français et Dongfeng, deuxième constructeur chinois, vont investir chacun 800 millions d'euros dans PSA.

Ils auront à l'issue de cette opération en plusieurs étapes une part respective de 14% du capital, au même niveau que la famille Peugeot, actionnaire historique du groupe, qui détenait jusqu'à présent 25,4% du capital et 38,1% des droits de vote.

L'opération a été approuvée mardi "à l'unanimité" par le conseil de surveillance de PSA, a souligné dans un communiqué le président de l'instance, Thierry Peugeot.

- 'Une nouvelle page' -

Longtemps réticent à lâcher les rênes du groupe vieux de deux siècles, celui-ci a salué l'ouverture d'une "nouvelle page de l'histoire de PSA Peugeot Citroën", qui va renforcer "sa solidité financière tout en traçant des perspectives de développement ambitieuses" et assurer "la pérennité du groupe" et "sa croissance future".

Le ministre français de l'Economie, Pierre Moscovici, a justifié mercredi un "investissement avisé et stratégique" de l'Etat, et rappelé l'engagement de PSA à ce qu'il n'y ait "pas de fermeture d'usine" en France.

L'accord final doit être signé fin mars, à l'occasion d'une visite du président chinois Xi Jinping en France.

Par son ouverture de capital, le constructeur français entend se renforcer en Chine, où l'objectif est de tripler à l'horizon 2020 le volume de production de DPCA, sa co-entreprise déjà en place avec Dongfeng, et en Asie du Sud-Est.

Il a indiqué viser à la même échéance "la réalisation de synergies industrielles avec Dongfeng d'environ 400 millions d'euros par an".

Le soutien financier de l'Etat et de Dongfeng doit aussi permettre à PSA de renforcer son positionnement en Europe en aidant à financer "un programme d'investissements stratégiques" et de renforcer son bilan et ses liquidités "conduisant à une forte baisse des frais financiers", a souligné le groupe.

Frappé depuis deux ans par une crise profonde en raison de sa trop forte dépendance au marché européen, PSA Peugeot Citroën est encore loin d'être sorti d'affaire.

Il est toutefois parvenu l'an dernier à réduire de moitié sa perte nette, ramenée à 2,3 milliards d'euros en 2013, contre 5 milliards un an plus tôt.

- Un nouveau chauffeur -

Le nouvel actionnariat du groupe va s'accompagner d'un nouveau dirigeant. L'ex-numéro deux de Renault Carlos Tavares, qui a rejoint le directoire de PSA le 1er janvier, succèdera à Philippe Varin le 31 mars. Sans attendre, il prendra dès jeudi la responsabilité des opérations du constructeur.

L'arrivée de ce fin connaisseur de l'industrie automobile, qui a passé 33 ans chez la marque au losange et son partenaire japonais Nissan, est très attendue pour redresser la barre.

Pour renflouer ses comptes, le groupe automobile compte par ailleurs sur la création d'un partenariat entre sa filiale bancaire Banque PSA Finance et Santander Consumer Finance, filiale de crédit à la consommation de l'espagnol Santander, premier groupe bancaire d'Europe en termes de capitalisation boursière.

Cet accord pourrait renflouer les caisses de la maison mère à hauteur de 1,5 milliard d'euros d'ici à 2018, selon PSA.

Il permettrait également à Banque PSA Finance de ne plus avoir recours à la garantie de l'Etat français pour assurer le financement de ses activités. L'Etat était intervenu à l'automne 2012 à la rescousse de Banque PSA Finance, à l'époque au bord du gouffre, en apportant une garantie publique à hauteur de 7 milliards d'euros.

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