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L'exposition « 1 + 1 = 1 » : première réunion historique des collections du MBAM et du MAC

19/02/2014 03:07 EST | Actualisé 19/02/2014 03:09 EST

À l’automne 2013, le Groupe de travail sur l’avenir des musées du Québec a soumis 61 recommandations, dont un appel à la complémentarité, au partage des ressources, et à quelques fusions. Le Musée des Beaux-Arts de Montréal (MBAM) et le Musée d’art contemporain (MAC) semblent avoir retenu certains de ces conseils, eux qui s’associent pour la première fois en proposant un croisement de leurs collections d’art contemporain.

L’ambiance était à la fête au dévoilement médiatique de l’exposition «1 + 1 = 1», alors que la directrice et conservatrice en chef du MBAM, Nathalie Bondil, célébrait son anniversaire, et que les dirigeants du MAC goûtaient pleinement à la 50e année d’existence de leur musée, qui sera transformé sous peu.

«Je crois justement que c’est un bon moment pour vivre cette collaboration, avec les nombreux changements à venir, affirme le directeur général et conservateur en chef du MAC, John Zeppetelli. Il s’agit d’un point tournant pour nous.

L’exposition élaborée avec l’équipe du MBAM trace en quelque sorte l’histoire des tendances en art contemporain. Notre but était de créer une musique harmonieuse avec des œuvres en dialogue. Le parcours est étonnant et la splendeur est toujours au rendez-vous.»

Mme Bondil a profité de la conférence de presse pour rappeler l’importance d’aller au-delà des « idées qui irritent », à savoir que les deux grands musées montréalais sont en compétition. «Je pense qu’il faut plutôt parler de coévolution. Tout le monde participe au développement des arts. Je crois qu’on devrait organiser d’autres expositions du genre. C’est un geste très fort.»

Elle a aussi souligné que cette exposition avait poussé les deux institutions à réfléchir davantage sur la nature de leurs collections. «On a réalisé que 20 % des 40 000 œuvres du MBAM acquises après 1945 étaient du domaine de l’art contemporain. Mais ce que nous présentons est en complémentarité avec les collections du MAC. On n’empiète pas l’un sur l’autre. »

Le conservateur de l’art contemporain du MBAM, Stéphane Aquin, affirme d’ailleurs avoir été surpris par la mise en commun des forces muséales. «Je suis étonné de la charge émotive de l’exposition et par la parenté des œuvres. On a même pris conscience à la toute fin que nous avions un équilibre entre les créations des artistes canadiens et étrangers, sans rien forcer. Tout s’est fait très naturellement.»

Constituée d’oppositions et d’affiliations du côté de la symbolique, des contextes de création, des thématiques ou de l’influence que certains artistes ont eue entre eux, l’exposition «1 + 1 = 1» s’ouvre de façon tout à fait cohérente avec les photographies de Françoise Sullivan. En 1970, l’artiste québécoise avait créé une sorte de parcours déambulatoire d’épreuves argentiques témoignant d’une promenade entre les deux institutions.

Pour le reste, on retrouve entre autres un poème-choc de Steven Shearer aux côtés du Generic Man de Jana Sterbak et du Red Morning Bhuna de Gilbert & George.

Parmi les pièces phares qui sont à l’honneur, notons la présence de l’œuvre The Red Room – Child de Louise Bourgeois, de l’incomparable sculpture de David Altmejd, Le Berger, et des barils métalliques contenant une projection vidéo immergée dans l’eau, The Sleepers, de Bill Viola. Une salle a également été réservée au couple, à l’amour, à la sexualité et à leurs déclinaisons passionnelles et brutales.

L’exposition « 1 + 1 = 1 » sera présentée du 21 février au 15 juin 2014 au Pavillon Jean-Noël Desmarais du Musée des Beaux-Arts de Montréal. Cliquez ici pour plus de détails.

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