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Italie: Matteo Renzi convaincu de présenter son gouvernement samedi

19/02/2014 11:03 EST | Actualisé 21/04/2014 05:12 EDT

Le chef du centre gauche italien Matteo Renzi, après avoir consulté tous les partis politiques, s'est dit "confiant" mercredi d'avoir une majorité pour gouverner et a annoncé qu'il comptait "accepter" officiellement le poste de Premier ministre samedi.

"Au terme d'un jour et demi de rencontres, de discussions sur les programmes, je suis vraiment convaincu que les conditions sont réunies pour faire de l'excellent travail", a déclaré M. Renzi tout sourire, devant la presse.

M. Renzi qui, à 39 ans, s'apprête à devenir le plus jeune chef de gouvernement de l'Union européenne, se rendra mercredi soir au palais du Quirinal pour rendre compte au président Giorgio Napolitano de la dizaine d'entretiens qu'il a eus.

Puis "je compte prendre la journée de demain (jeudi, ndlr) pour rédiger un document sous forme de programme plus complet, qui nous permettra de nous approcher sereinement de la présidence italienne de l'Union européenne" (de juillet à décembre), a-t-il affirmé.

- Qui au ministère de l'Economie ? -

La formation de l'équipe gouvernementale devrait être au centre de la journée de vendredi. Le poste-clé de ministre de l'Economie fait encore débat alors que l'Italie vient d'émerger à la fin 2013 de deux années de profonde récession.

Balayant d'un revers de la main les spéculations de presse, M. Renzi a affirmé qu'il n'était pas "en train de discuter de noms mais d'une méthode" de gouvernement et de contenus.

Il s'est néanmoins rendu dans l'après-midi au siège de la Banque d'Italie pour y rencontrer le gouverneur Ignazio Visco, l'un des favoris du "totoministri" (paris sur les ministrables) qui agite la péninsule.

L'une des plus grosses interrogations qui devait être levée par l'ancien maire de Florence était la question de sa future majorité. Selon lui, "elle sera la même" - une coalition gauche-droite - que celle de son prédécesseur Enrico Letta, poussé à la démission la semaine passée par une motion de défiance interne du Parti démocrate (PD, première force de centre gauche), dont M. Renzi est le chef depuis début décembre.

Elle devrait donc inclure le Nouveau centre droit (NCD) d'Angelino Alfano, le ministre de l'Intérieur sortant qui, mardi soir, après avoir été lui aussi reçu par M. Renzi, l'avait assuré de son soutien "sous conditions": pas d'impôt sur les grandes fortunes, non aux unions civiles entre homosexuels et un ministre de la Justice "garant des droits" des inculpés.

L'ancien mentor de M. Alfano, Silvio Berlusconi, toujours aux commandes de son parti Forza Italia (FI, droite) malgré son éviction du Sénat après une condamnation pour fraude fiscale, a aussi rencontré M. Renzi.

Le Cavaliere sera dans l'opposition au gouvernement mais s'est dit prêt "à travailler" avec le Toscan et même à voter certains de ses projets de loi "s'ils sont favorables aux intérêts des citoyens italiens".

Le septuagénaire s'est, par ailleurs, réjoui du "rajeunissement de la classe politique", soulignant que M. Renzi avait "la moitié de (son) âge" et estimant que cela augurait de "bonnes choses pour l'avenir du pays".

Pour M. Renzi, la rencontre avec M. Berlusconi a été "respectueuse et polie". "Il ne m'a rien demandé en terme de justice", a-t-il assuré, à propos des différents procès encore en cours contre le Cavaliere.

Son entrevue avec l'ex-humoriste Beppe Grillo, chef du Mouvement Cinq Etoiles (M5S) a été bien moins constructive.

Visible en direct streaming, elle s'est transformée en dialogue de sourds, Grillo assénant des "tu es jeune, tu n'y connais rien" et Renzi tentant de prendre la parole "ne serait-ce qu'une minute".

Après moins d'un quart d'heure, le Premier ministre désigné s'est levé et a lancé d'un ton ferme: "sors de ce blog, on est ici pour résoudre de vrais problèmes", assurant plus tard dans un tweet que les électeurs de Grillo "méritaient mieux" que les monologues de leur dirigeant.

Confirmation de cette tranquille assurance, M. Renzi s'est ensuite permis une boutade devant la presse à propos de ses consultations politiques: "elles se sont toutes déroulées de manière sérieuse, sauf une. Je vous laisse deviner laquelle..."

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