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Horrifiés par la violence à Kiev, les Européens envisagent des sanctions

19/02/2014 02:20 EST | Actualisé 21/04/2014 05:12 EDT

Ecoeurés par des actes "inqualifiables et inadmissibles" en Ukraine, les Européens ont durci le ton mercredi à l'égard du régime et brandi la menace de sanctions qui devraient cependant épargner le président Viktor Ianoukovitch afin de ne pas couper les ponts avec Kiev.

Les ministres des Affaires étrangères de l'UE se réunissent jeudi à partir de 14H00 GMT à Bruxelles pour mettre au point la réponse de l'UE au déchaînement de violence qui a causé la mort d'au moins 26 personnes dans la capitale ukrainienne.

Ils seront informés des derniers développements de la situation en Ukraine par leurs homologues français, allemand et polonais, Laurent Fabius, Frank-Walter Steinmeier et Radoslaw Sikorski, attendus jeudi matin dans la capitale ukrainienne pour y rencontrer les principaux protagonistes de la crise.

Dans une conversation téléphonique avec M. Steinmeier, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a appelé l'UE à "profiter de ses contacts avec l'opposition pour l'inciter à coopérer avec les autorités ukrainiennes et à résolument se distancier des forces radicales qui ont déchaîné les troubles sanglants et sont sur la voie d'un coup d'Etat".

La chancelière Angela Merkel, qui semble avoir pris la main, reléguant la chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton, a annoncé mercredi soir s'être entretenue avec Vladimir Poutine et avoir convenu de "tout faire pour éviter une escalade de la violence" en Ukraine.

Mme Merkel a précisé avoir "informé" le président russe du déplacement en Ukraine de MM. Fabius, Steinmeier et Sikorski. "Nous avons décidé de garder des contacts très étroits avec la Russie", a-t-elle dit.

"Ceux qui ont commis ces actes" de violence, "ceux qui se préparent à en commettre d'autres, doivent savoir qu'ils seront sanctionnés", a affirmé le président français François Hollande.

A Bruxelles cependant, plusieurs sources diplomatiques ont indiqué que le président Ianoukovitch ne devrait pas être concerné par d'éventuelles sanctions. "On ne veut pas couper les ponts, il faut laisser les canaux de négociations ouverts", a expliqué un diplomate s'exprimant sous couvert de l'anonymat.

- Besoin d'un accord unanime -

L'ambassadeur russe auprès de l'UE, Vladimir Chijov, a mis en garde les Européens contre l'adoption d'éventuelles sanctions. "La question des sanctions dans la situation de confrontation aiguë et, en fait, de tentative de coup d'Etat (...) est au moins déplacée et, en tout cas, inopportune", a dit l'ambassadeur.

Un diplomate européen a estimé que des sanctions contre M. Ianoukovitch "pourraient le pousser dans les bras de la Russie".

Dans le passé, les sanctions prises contre le régime du Belarus ont conduit à un renforcement de la répression et à un rapprochement de ce pays avec Moscou, notent des diplomates.

"Il n'y a pas d'unanimité, car plusieurs pays voisins de l'Ukraine ne souhaitent pas s'avancer dans la voie des sanctions à cause d'un risque de voir le régime durcir encore le ton à l'égard de l'opposition", a commenté le chef de la diplomatie belge, Didier Reynders, personnellement favorable à des sanctions.

Un accord unanime entre les 28 Etats membres est nécessaire pour imposer des sanctions. Sans accord, les ministres des Affaires étrangères pourraient se contenter de publier une déclaration solennelle mettant en garde les dirigeants ukrainiens.

Dans la liste des sanctions possibles, figurent l'interdiction de visas, le gel des avoirs de personnes impliquées dans la répression et un embargo sur les matériels utilisés pour la répression, comme le gaz lacrymogène.

La ministre italienne des Affaires étrangères, Emma Bonino, a suggéré de sanctionner également "les provocations des groupes extrémistes et violents" de l'opposition.

Depuis l'échec des négociations en vue d'un accord d'association entre l'UE et l'Ukraine, en novembre dernier, Bruxelles n'a pas ménagé sa peine pour que Kiev choisisse la voie européenne.

Mme Ashton et le commissaire européen chargé des questions de voisinage, Stefan Füle, ont multiplié les missions dans le pays, et imposer des sanctions pourrait sonner le glas de ces efforts.

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