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Hollande et Merkel en sommet à Paris: économie, sécurité et Ukraine en discussions

19/02/2014 07:59 EST | Actualisé 21/04/2014 05:12 EDT

Le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel ont réuni mercredi à Paris leurs gouvernements pour un conseil des ministres conjoint dominé par les sujets de l'économie et de la sécurité, auxquels s'est ajoutée la crise en Ukraine.

Premier du genre depuis l'arrivée au pouvoir des sociaux-démocrates à Berlin aux côtés des conservateurs d'Angela Merkel, le 16e conseil des ministres franco-allemand réuni à l'Elysée devait prendre quelques décisions sur la défense, l'énergie ou la fiscalité.

La situation en Ukraine s'est toutefois imposée en haut de l'agenda franco-allemand après les violences entre manifestants de l'opposition et policiers qui ont fait au moins 25 morts à Kiev.

M. Hollande a demandé à l'Union européenne d'engager "très rapidement les décisions permettant la mise en oeuvre" de sanctions cibles contre les reponsables des violences policières lors du Conseil Affaires Etrangères jeudi à Bruxelles, a annoncé la présidence peu avant la rencontre du président français avec Mme Merkel.

Il y aura une "délibération avec nos amis allemands et probablement sanctions" européennes contre l'Ukraine, a renchéri le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, qui devait dans l'après-midi s'entretenir aussi de la crise ukrainienne avec son homologue américain John Kerry, en déplacement à Paris. "On ne va pas rester dans l'indifférence", a affirmé le ministre.

- Sans béquilles pour la photo -

Lors du sommet franco-allemand, une décision, présentée comme un "symbole fort", est attendue pour officialiser l'envoi d'un contingent de quelque 250 soldats de la brigade franco-allemande au Mali. Il interviendrait en juin, dans le domaine de la formation, pour soulager l'effort de l'armée française dans la région. Elle vient encore d'envoyer 400 hommes en renfort en Centrafrique.

"Davantage de convergences sont possibles", notamment dans la coopération militaire au Mali et en Centrafrique, avait observé la chancelière samedi.

Il y a un mois, le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier évoquait déjà à demi-mots l'hypothèse de ce déploiement, prévenant toutefois que son pays n'enverrait pas de troupes de combat en Afrique.

A son arrivée à l'Elysée, Angela Merkel, victime en décembre d'une chute à ski, s'est vue retirer ses béquilles par François Hollande pour la traditionnelle photo sur le perron de la présidence.

Les deux responsables devaient s'entretenir pendant une heure tandis que les ministres des deux gouvernements se voyaient de leur côté.

Il s'agit de la deuxième visite à l'étranger de la chancelière depuis sa réélection en décembre. La première l'avait déjà conduite à Paris le 18 décembre. Son accident de ski quelques jours plus tard l'avait obligée à renoncer ensuite à tous ses déplacements à l'étranger.

Un grand déjeuner commun devait ensuite réunir les deux gouvernements avant une conférence de presse.

Un autre point saillant du conseil franco-allemand devait être "l'Airbus de l'énergie", une "plateforme" de partenariats industriels et technologiques autour des réseaux, des énergies renouvelables ou du stockage de l'électricité. Le rôle de l'Etat devrait se borner à "identifier des axes stratégiques de coopération" entre industriels, instituts de recherche et institutions financières.

Au chapitre fiscal, les progrès devraient être ténus. L'Elysée avance un "programme de convergence" avec un "travail immédiat sur la structure de taxation des entreprises" et les investissements croisés, ainsi qu'une "impulsion" aux discussions à Bruxelles sur une directive fixant une assiette commune de l'impôt sur les sociétés.

En fin d'après-midi, la chancelière sera de retour à l'Elysée pour une rencontre avec le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et des industriels des deux pays.

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