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Caricatures du prophète: un Tunisien emprisonné gracié, doutes sur sa libération

19/02/2014 08:43 EST | Actualisé 21/04/2014 05:12 EDT

Le président tunisien Moncef Marzouki a gracié Jabeur Mejri, un jeune Tunisien emprisonné depuis 2012 pour avoir diffusé des caricatures du prophète Mahomet, a annoncé mercredi le porte-parole de la présidence sans pouvoir préciser s'il allait être libéré.

Le président a signé "la grâce de Jabeur Mejri (...) en ce qui concerne l'affaire principale", a affirmé Adnene Manser à la radio privée Shems FM. "On a été surpris par l'existence d'une autre affaire" pénale, a-t-il ajouté sans plus de précisions, si bien que la libération du jeune homme restait incertaine.

La présidence de la République a précisé sur sa page officielle Facebook qu'il s'agissait d'une "grâce spéciale".

Le président du bureau de la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) en Tunisie, Mokhtar Trifi, qui suit le dossier depuis la condamnation du jeune homme, a dit son étonnement.

"On n'a absolument aucune connaissance de l'existence d'une autre affaire. Nous sommes sur l'affaire pour laquelle il a été emprisonné à Mahdia (sa ville natale, ndlr) et il n'a jamais été question d'autre chose", a-t-déclaré à l'AFP.

La direction générale des prisons de Tunisie n'était pas en mesure de répondre aux questions de l'AFP dans l'immédiat.

Jeune chômeur de Mahdia (150 km au sud de Tunis), Jabeur Mejri purge depuis mars 2012 une peine de sept ans et demi de prison pour avoir diffusé sur internet des textes et dessins considérés comme insultants pour l'islam.

Le code pénal ne réprimant pas le blasphème, il a été condamné notamment pour trouble à l'ordre public, le délit de blasphème n'existant pas en droit tunisien.

Son ami Ghazi Beji, condamné à la même peine pour ces faits, a fui la Tunisie et a obtenu l'asile en France au terme d'un long périple à travers le Maghreb et l'Europe.

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