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Britanniques tués en France en 2012 : aucun lien avéré avec l'homme arrêté mardi

19/02/2014 10:28 EST | Actualisé 21/04/2014 05:12 EDT

Aucun lien avéré n'a été établi entre l'ancien policier municipal placé mardi en garde à vue dans les Alpes françaises et le quadruple meurtre mystérieux de Chevaline de septembre 2012, a déclaré mercredi le procureur chargé de l'affaire.

Sa mise en examen dans ce dossier est donc pour l'instant "peu envisageable", selon ce magistrat, Eric Maillaud, même si les enquêteurs continuent à examiner tous les indices susceptibles de le mettre en cause.

L'individu arrêté, collectionneur d'armes, pourrait en revanche être poursuivi pour trafic d'armes, de même qu'un de ses amis qui a été arrêté mardi soir, a précisé le procureur au cours d'une conférence de presse.

L'arrestation de cet homme de 48 ans, qui s'était reconverti dans une société de sécurité en Suisse, est la première en France dans cette retentissante affaire de meurtre en septembre 2012 de deux Britanniques, d'une Suédoise et d'un Français.

"A l'heure où je vous parle", la tuerie de Chevaline "n'est pas élucidée", a souligné le procureur. "Aucun lien" n'a été établi pour le moment entre l'individu arrêté, qui ressemble au portrait robot d'un motard aperçu le jour du drame par des témoins près des lieux du crime, et les différentes victimes.

Un pistolet Luger, parmi une quarantaine d'armes, grenades, explosifs et détonateurs, a été retrouvé chez ce père de trois enfants, de tempérament "peut-être un peu violent", mais il ne correspond ni au modèle ni au calibre de l'arme qui a servi au massacre, ont souligné mercredi les enquêteurs.

De même, les gendarmes ont mis la main sur une moto et deux casques, mais qui ne correspondent pas avec ceux du mystérieux motard.

Le portrait-robot d'un homme casqué et portant le bouc, avec lequel l'ancien policier présente "une forte ressemblance", diffusé en novembre 2013, a provoqué le signalement auprès des enquêteurs de l'ancien policier municipal par la mairie qui l'employait jusqu'en juin dernier avant de lui donner son congé.

Les causes de cette révocation n'ont pas été précisées.

- Le frère toujours suspect -

Le 5 septembre 2012, Saad al-Hilli, 50 ans, ingénieur britannique d'origine irakienne travaillant dans le secteur de l'aéronautique et de la défense au Royaume-Uni, sa femme de 47 ans, et sa belle-mère âgée de 74 ans et de nationalité suédoise, avaient été tués de plusieurs balles dans leur voiture, sur une petite route forestière proche de Chevaline.

Un cycliste français avait également été abattu de plusieurs balles. Zainab, sept ans, la fille aînée du couple al-Hilli, avait été grièvement blessée tandis que sa petite soeur, Zeena, dissimulée sous les jambes de sa mère, s'en était miraculeusement sortie indemne.

Le procureur d'Annecy avait alors établi le profil présumé du tueur, présenté comme un homme "aguerri", "très expérimenté", n'hésitant pas à changer trois fois de chargeur et à achever ses victimes d'une balle entre les deux yeux. L'arme utilisée, ancienne, est un Luger P06 de calibre 7,65 Parabellum, ayant équipé l'armée suisse.

Jusqu'à présent, une seule personne reste inquiétée dans cette affaire, au Royaume-Uni : Zaïd al-Hilli, le frère de Saad, interpellé le 24 juin 2013, soupçonné de "complot en vue de commettre un meurtre".

Cet homme de 54 ans a reconnu être en conflit avec son frère concernant l'héritage paternel, mais n'a eu de cesse de clamer son innocence. Il avait été remis en liberté conditionnelle dès le lendemain de son arrestation et son contrôle judiciaire a été levé à la mi-janvier. "Cela ne signifie pas qu'il est innocent" et l'enquête dont il fait l'objet "continue", a souligné le procureur d'Annecy.

Zaïd al-Hilli s'est félicité de l'arrestation de l'ex-policier tout en réitérant ses critiques contre les enquêteurs, estimant sur la chaîne de télévision Sky News que la recherche d'une piste locale aurait dû être faite "dès le départ".

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