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Britanniques tués en France : 2e jour d'interrogatoire pour l'ancien policier

19/02/2014 03:49 EST | Actualisé 20/04/2014 05:12 EDT

Les enquêteurs français continuaient mercredi d'interroger pour la deuxième journée un ancien policier, amateur d'armes qui vivait comme un "marginal", arrêté après dix-huit mois d'enquête dans l'affaire du quadruple meurtre mystérieux de Chevaline, dans les Alpes françaises.

La première arrestation en France dans cette retentissante affaire où deux Britanniques, une Suédoise et un Français avaient été tués en septembre 2012, a relancé l'enquête qui piétinait.

Les gendarmes ont arrêté et placé en garde à vue mardi matin un homme de 48 ans, ancien policier d'une petite ville des Alpes françaises, alors qu'il sortait de chez lui.

Selon les premiers éléments de l'enquête, l'homme, dont l'identité n'a pas été dévoilée par la justice française, vivait près du lieu du drame mais n'avait pas de "lien direct" avec les protagonistes.

Lors de perquisitions à Lathuile et à Talloires où l'homme habite, les gendarmes, qui ont notamment passé le jardin de l'ex-policier au peigne fin à l'aide de détecteurs de métaux, ont saisi plusieurs armes qui vont faire l'objet d'examens balistiques.

Et l'examen du téléphone portable de l'interpellé a également permis d'établir qu'il se trouvait "dans la zone de la tuerie au moment des faits", a indiqué à l'AFP une source proche de l'enquête.

Pour autant, les gendarmes ne disposent pas encore "d'éléments déterminants". Le procureur d'Annecy, Eric Maillaud, devrait donner des précisions lors d'une conférence de presse à 13H00 GMT.

La police présente l'homme comme un "montagnard taiseux", "amateur d'armes", vivant comme un "marginal". "C'est un personnage sans intérêt et méchant", a asséné Gérard, l'un de ses voisins.

Mais, Alexis, le patron du "Café de la Place" à Menthon-Saint-Bernard, a assuré à l'AFP qu'il ne le voyait pas "une seule seconde aller faire ça". "Il n'y a jamais eu de soucis avec lui, il était sympa", a-t-il ajouté.

Ancien policier de la ville de Menthon-Saint-Bernard, il a été "radié", ce qui implique une faute professionnelle du fonctionnaire.

"Cette interpellation, qui ne restera peut-être pas unique, est le fruit des témoignages recueillis notamment après la diffusion, le 4 novembre 2013, du portrait robot d'un motard vu à proximité de la scène de crime et recherché activement par les enquêteurs", avait précisé le procureur de la République à Annecy, Eric Maillaud.

Selon le procureur, le suspect présente "une forte ressemblance" avec le portrait-robot d'un homme portant un casque de moto à ouverture latérale et un bouc.

- Un tueur "aguerri", "très expérimenté" -

Le 5 septembre 2012, Saad al-Hilli, 50 ans, ingénieur britannique d'origine irakienne travaillant dans le secteur de l'aéronautique et de la défense au Royaume-Uni, sa femme de 47 ans, et sa belle-mère âgée de 74 ans et de nationalité suédoise, avaient été tués de plusieurs balles dans leur voiture, sur une petite route forestière proche de Chevaline.

Un cycliste français, Sylvain Mollier, considéré par les enquêteurs comme une victime collatérale, avait également été abattu de plusieurs balles. Zainab, sept ans, la fille aînée du couple al-Hilli, avait été grièvement blessée tandis que sa petite soeur, Zeena, dissimulée sous les jambes de sa mère, s'en était miraculeusement sortie indemne.

Le procureur d'Annecy avait alors établi le profil présumé du tueur, présenté comme un homme "aguerri", "très expérimenté", n'hésitant pas à changer trois fois de chargeur et à achever ses victimes d'une balle entre les deux yeux. L'arme utilisée, ancienne, est un Luger P06 de calibre 7,65 Parabellum, ayant équipé l'armée suisse.

Cette arrestation remet la piste d'un tueur local au premier plan alors que la justice a plutôt envisagé jusqu'ici celle d'un conflit familial.

Jusqu'à présent, une seule personne avait été inquiétée dans cette affaire, au Royaume-Uni : Zaïd al-Hilli, le frère de Saad, interpellé le 24 juin 2013, soupçonné de "complot en vue de commettre un meurtre".

Cet homme de 54 ans a reconnu être en conflit avec son frère concernant l'héritage paternel, mais n'a eu de cesse de clamer son innocence. Il avait été remis en liberté conditionnelle dès le lendemain de son arrestation et son contrôle judiciaire a été levé à la mi-janvier.

bur-kat/ml

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