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Birmanie : l'ONU veut une enquête impartiale après de possibles meurtres de Rohingyas

19/02/2014 11:02 EST | Actualisé 21/04/2014 05:12 EDT

L'envoyé spécial des Nations unies pour la Birmanie a exprimé mercredi son inquiétude quant à l'impartialité d'une enquête du gouvernement birman sur des accusations de meurtres de musulmans de la minorité apatride des Rohingyas.

L'Etat Rakhine, dans l'ouest birman, a été secoué depuis 2012 par plusieurs vagues de violences entre Rohingyas et bouddhistes de la minorité rakhine, ayant fait plus de 200 morts et 140.000 déplacés, en majorité des musulmans.

Et les tensions qui subsistent en Etat Rakhine pourraient "mettre en danger l'ensemble du processus de transition", a estimé Tomas Ojea Quintana.

Les investigations n'ont jusqu'ici pas permis de répondre de manière satisfaisante aux questions concernant un possible nouvel épisode de violences dans un village isolé, notamment "les meurtres brutaux d'hommes, de femmes et d'enfants, des violences sexuelles contre des femmes, et le pillage et l'incendie de biens", a-t-il ajouté.

La Birmanie a farouchement nié que des civils aient été tués, indiquant simplement qu'un policier était présumé mort après un incident dans cette zone en janvier. Le gouvernement a toutefois ordonné une enquête réalisée par un comité actuellement en Etat Rakhine.

"Nous devons respecter cette enquête. Dans le même temps, j'ai de sérieuses inquiétudes concernant la possibilité pour cette enquête (...) d'être impartiale et indépendante", a déclaré devant la presse M. Quintana.

En raison de l'impunité dont jouissait l'ancienne junte, "il n'y a jamais eu d'enquête indépendante sur aucun incident", a encore dit l'envoyé spécial, qui effectuait sa dernière mission à la fin d'un mandat de six ans.

Il a précisé avoir rencontré le chef de la police de l'Etat Rakhine : ce dernier a admis que plus de cent policiers armés avaient pris part à la recherche de leur collègue disparu, qui aurait été tué par des villageois.

Les quelque 800.000 Rohingyas qui vivent confinés dans l'Etat Rakhine sont considérés par l'ONU comme l'une des minorités les plus persécutées de la planète.

Privés de nationalité par l'ancienne junte birmane, ils sont considérés par les autorités comme des immigrés illégaux du Bangladesh voisin et beaucoup de Birmans ne cachent pas une réelle hostilité à leur égard.

A la suite des violences dans l'Etat Rakhine, des attaques meurtrières contre des musulmans ont également eu lieu dans d'autres parties de la Birmanie, jetant une ombre sur les réformes spectaculaires entreprises par le gouvernement qui a succédé à la junte en 2011.

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