«Le Coq de St-Victor»: le coq de la discorde (PHOTOS)

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COQ
Courtoisie Productions 10e Avenue

Le Coq de St-Victor a chanté pour la première fois dimanche après-midi, au Théâtre Outremont, en ouverture du 17e Festival international du film pour enfants de Montréal (FIFEM). Plusieurs personnalités ayant prêté leur voix à ce long-métrage d’animation québécois s’étaient déplacées pour faire découvrir à leur famille cette œuvre amusante et rassembleuse.

Réalisé par Pierre Greco (Un petit vent de panique, les courts-métrages W, à Télétoon) et produit par Nancy Florence Savard, de la boîte 10e Avenue, Le Coq de St-Victor est adapté du livre pour enfants Le Coq de San Vito, de l’auteure jeunesse Johanne Mercier, conjointe de Greco. On y raconte l’histoire d’un coq qui réveille inlassablement les habitants de St-Victor à quatre heures du matin, qu’on soit la semaine, le week-end ou en congé férié. Son propriétaire, le maire du patelin, voue un culte à son animal et lui attribue tout le mérite de la productivité des villageois, disciplinés et travaillants. Mais, le jour où le peuple, excédé de se faire tirer du lit aux aurores, se révoltera contre le zèle du coq, rien n’ira plus.

À l’origine, dans le roman, le conte trouvait sa source en Italie, mais on a campé l’intrigue cinématographique dans la région de Charlevoix.

«Johanne et moi, on était en voyage, a raconté Pierre Greco. On se trouvait dans un petit village et, une nuit, un coq a empêché Johanne de dormir, parce qu’il chantait sans arrêt! Elle a donc imaginé son histoire et l’a écrite en revenant au Québec. Le livre a eu du succès et, quand Nancy l’a lu, elle a voulu en faire un film. Et j’ai accepté, à condition qu’on le fasse sous forme de cartoon

L’univers du Coq de St-Victor se situe en effet à mi-chemin entre ceux de Pagnol et de Chuck Jones (Looney Tunes).

«C’est super coloré, a ajouté Pierre Greco. On a beaucoup insisté, auprès des directeurs artistiques, de toute l’équipe des décors, pour que ça soit le plus vivant possible. Entre autres, parce que le film est très drôle. C’est une rébellion, les personnages se révoltent contre le coq. Ils ont le chic de se mettre dans le trouble, mais après, ils doivent se décoincer.»

Rêves internationaux

Chez Productions 10e Avenue, on rêve déjà à un parcours international pour Le Coq de St-Victor. Déjà, la fable a été projetée au marché de la Berlinale, la semaine dernière. Nancy Florence Savard n’était pas en mesure, dimanche, d’annoncer quoi que ce soit de précis mais, à prime abord, les échos semblent positifs.

«On reçoit des invitations pour participer à des festivals, a indiqué la productrice. Quand les gens nous invitent avant qu’on soumette notre candidature, c’est que ça regarde bien!»

Il faut dire que Productions 10e Avenue détient une belle carte de visite avec sa Légende de Sarila, premier film d’animation québécois créé en 3D stéréoscopique, sorti dans la Belle Province il y a un an, et qui continue de rayonner hors de nos frontières.

«C’est un genre complètement différent, a néanmoins précisé Nancy Florence Savard. Avec La légende de Sarila, on était dans un monde mythique, dans les contes et légendes, tandis que Le Coq de St-Victor est une comédie de situation, un vrai cartoon. C’est une proposition complètement différente. Mais l’un ne peut pas nuire à l’autre, évidemment. La légende de Sarila a creusé un premier sillon en étant retenu dans une vingtaine de festivals, et on a encore des invitations pour l’automne prochain. C’est une longue carrière, pour un film d’animation!»

Au Québec, Le Coq de St-Victor prendra l’affiche dans les salles le vendredi 21 février.

Des voix de renom

Une distribution impressionnante a assuré le doublage du Coq de St-Victor. Au générique figurent de grosses pointures telles Benoît Brière, Luc Guérin, Gaston Lepage, Guy Jodoin, Anne Dorval, Alexis Martin, Guy Nadon, Mariloup Wolfe, Noémie Yelle, Martin Drainville, Paul Ahmarani et Jeff Boudreault. Des gens dont le premier métier repose davantage sur le jeu que sur la voix, mais qui prennent un grand plaisir à interpréter des alter egos en dessins animés quand l’occasion se présente.

C’est le cas de Guy Jodoin qui, après s’être commis dans Rio et Volt, récidive dans la peau du maire du Coq de St-Victor. Il remettra aussi ça dans Rio II, pour lequel il retournera en studio dès cette semaine.

«Le maire est énergique, travaillant, discipliné, et il adore ses citoyens, a énuméré l’animateur de Sucré salé. Il aime l’art oratoire, c’est un homme de lettres. Ça prenait donc un langage un peu soutenu et, pour ce faire, j’ai monté ma voix. On a tourné pendant deux jours.»

Mariloup Wolfe s’est également éclatée en incarnant Marcelline, une grande gourmande. L’actrice, qui réalisera sous peu des épisodes de 30 vies, était accompagnée de Charlie, la fille adolescente de son conjoint, Guillaume Lemay-Thivierge, à la première du Coq de St-Victor.

«C’est comme un cadeau qu’on me donne quand on me demande de faire des voix d’animation, a souligné celle qui avait joué nulle autre que Barbie dans Histoire de jouets III, et qui était aussi de La légende de Sarila. Cette fois, c’était plus abstrait, parce qu’on n’avait pas les dessins devant nous. C’était comme de la création originale.»

Quant à Martin Drainville, il se réjouissait que le film ait «passé le test» auprès de ses deux garçons, Félix, 13 ans, et Théo, 7 ans.

«On en a une copie à la maison, a expliqué le comédien. Quand ils n’aiment pas, ils n’aiment pas, mais mon plus jeune l’a regardé deux ou trois fois. C’est un très bon scénario.»

Ouvrir les horizons

Le tapis rouge du Coq de St-Victor servait de prélude au 17e FIFEM, qui se tiendra du 1er au 9 mars prochain, pendant la semaine de relâche scolaire. Plus de 100 films en provenance de 30 pays seront diffusés au Cinéma Beaubien, au Cinéma du Parc et au Musée des Beaux-Arts. Édith Cochrane est marraine de l’événement pour la toute première fois.

«Les enfants sont souvent habitués de voir des films américains, a expliqué la maman de Siméon, 6 ans, et Paul-Émile, 3 ans et demi. De les ouvrir à autre chose, de leur montrer que d’autres cultures existent, ça les éveille à d’autres formes de cinéma. Je trouve ça très enrichissant pour l’identité culturelle des jeunes, de constater que des héros de leur âge vivent la même chose qu’eux, dans d’autres pays, et de voir comment ces différents thèmes sont traités, selon les cultures. Aussi, dans les films présentés au FIFEM, il y a souvent deux niveaux de lecture, ce qui fait que les parents s’amusent et sont touchés, eux aussi.»

Parmi les coups de cœur de la comédienne dans la programmation du FIFEM, notons la présentation d’Antboy, un film de super-héros du Danemark, pour laquelle les bambins sont invités à se costumer pour créer une ambiance de fête. Édith Cochrane se promet aussi d’assister aux représentations en plein air, au Parc Molson, de La légende de Sarila et Il était une fois les Boys. Des volets «Mini-cinéphiles», pour les bébés, et «Ciné-ado», pour les adolescents, complètent la proposition du festival. On clique au www.fifem.com pour en savoir davantage.

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