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Soudan: l'ONU appelle à un cessez-le-feu pour le début des négociations de paix

13/02/2014 04:07 EST | Actualisé 14/04/2014 05:12 EDT

Le gouvernement a entamé jeudi à Addis Abeba des négociations avec la rébellion du SPLM-N, pour tenter de mettre fin au conflit qui les oppose dans les régions méridionales du Kordofan-Sud et du Nil-Bleu.

L'ONU a exhorté les deux parties à parvenir à un cessez-le-feu immédiat pour permettre l'accès humanitaire à plus d'un million de civils affectés par le conflit.

"Les deux parties sont appelées à proclamer une cessation immédiate des hostilités, permettant aux équipes humanitaires de fournir le soutien nécessaire à ces régions", a déclaré dans un communiqué Ali Al-Za'tari, chef de la mission de l'ONU au Soudan (Minus).

A l'ouverture des discussions sous l'égide de l'Union africaine (UA), le gouvernement soudanais s'est dit déterminé à mettre fin aux violences, mais le SPLM-N, branche nord du Mouvement populaire de libération du Soudan (ex-rébellion sudiste), a mis en cause la sincérité de Khartoum, qu'il accuse de bombardements aériens et de bloquer l'aide humanitaire aux deux régions touchées.

"Nous sommes venus à (...) ces négociations pour parvenir à la paix et sortir notre peuple des malédictions de la guerre et de la destruction", a assuré le chef de la délégation de Khartoum, Ibrahim Ghandour.

Son homologue du SPLM-N, Yassir Arman, interrogé par l'AFP, a de son côté estimé qu'il y avait "beaucoup de rhétorique de la part de Khartoum disant qu'ils sont pour le changement. On verra ça aujourd'hui" lors des discussions.

Le médiateur de l'UA, l'ex-président sud-africain Thabo Mbeki, a assuré que les deux parties "resteraient à Addis Abeba jusqu'à ce qu'un accord soit trouvé".

Il n'existe pas de bilan des victimes des combats au Kordofan et au Nil-Bleu où des rebelles combattent le gouvernement depuis près de trois ans, mais selon l'ONU le conflit a affecté 1,2 million de personnes.

Les autorités soudanaises ont restreint l'accès des travailleurs humanitaires, journalistes et diplomates étrangers aux zones de conflit. L'aide est cependant parvenue aux secteurs contrôlés par le gouvernement, mais aucune assistance humanitaire de l'intérieur du pays n'a été fournie aux zones tenues par le SPLM-N.

"L'ONU au Soudan se tient prête pour fournir de l'aide sans plus tarder, une fois qu'un accord sur une cessation durable des hostilités aura été conclu", a assuré M. Za'tari. "Et dès que la paix sera établie, des efforts devraient être lancés dans l'immédiat pour le plein développement" des régions affectées.

De brèves négociations entre Khartoum et les rebelles à Addis Abeba avaient fini par capoter en avril dernier sur la question de l'accès humanitaire.

Selon le site internet Nuba Reports, basé au Kordofan-Sud, l'armée soudanaise a poursuivi ses bombardements jeudi, alors que les deux parties entamaient leurs discussions, et une école a été touchée.

"Nous ne bombardons aucune zone civile", a assuré à l'AFP le porte-parole de l'armée Sawarmi Khaled, précisant que l'armée "continuerait son boulot" tant qu'un cessez-le-feu ne serait pas conclu.

Les pourparlers en Ethiopie interviennent deux semaines après un appel du président soudanais Omar el-Béchir à une "renaissance" politique et économique, avec la paix pour principale priorité, accompagné d'une invitation à un large dialogue politique, notamment avec les rébellions actives au Soudan.

Outre le SPLM-N, l'armée soudanaise affronte depuis 2003 une rébellion dans l'Etat occidental du Darfour. Les rebelles darfouris ont formé en 2011 un alliance avec le SPLM-N, le "Front révolutionnaire".

Le pays, objet de sanctions internationales et très endetté, subit en outre une grave crise économique, notamment en raison de la raréfaction des devises depuis que la sécession en juillet 2011 du Soudan du Sud l'a privé de près de 75% de ses ressources pétrolières.

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