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Les relations UE-Russie ont atteint "leur moment de vérité" avec la crise en Ukraine (Lavrov)

13/02/2014 02:52 EST | Actualisé 14/04/2014 05:12 EDT

Les relations entre l'Union européenne et la Russie ont atteint "leur moment de vérité" avec la crise en Ukraine, a estimé jeudi le ministre russe des Affaires étrangères, accusant les Occidentaux de faire pression sur Kiev.

"Nous pouvons dire que les relations entre la Russie et l'Union européenne ont atteint leur moment de vérité", a écrit Sergueï Lavrov dans une tribune publiée par le journal Kommersant.

"Réfléchir aux raisons qui poussent certains de nos partenaires occidentaux (...) à s'appliquer sans délicatesse à inclure (l'Ukraine) dans leur espace géopolitique, amène inévitablement à des questions fondamentales sur les relations entre l'Union européenne et la Russie".

Dans la crise ukrainienne, ouverte il y a plus de deux mois, la Russie s'oppose à l'Union européenne et aux Etats-Unis, qu'elle accuse d'encourager la contestation née en novembre d'une volte-face du pouvoir ukrainien, qui a soudainement renoncé à un accord d'association avec l'UE pour se rapprocher à l'inverse de la Russie.

Les Occidentaux ont de leur côté accusé la Russie d'avoir fait pression sur l'ancienne république soviétique.

Depuis le mouvement s'est radicalisé et transformé en contestation radicale du régime du président Viktor Ianoukovitch dont les manifestants réclament le départ.

Des centaines d'opposants continuent d'occuper des bâtiments officiels et de camper en permanence sur Maïdan, la place de l'indépendance, en plein centre-ville. Et des manifestations continuent de rassembler régulièrement des dizaine de milliers de personnes.

"Il est peu probable qu'une déstabilisation de la situation dans un Etat situé au centre du continent européen puisse répondre aux intérêts de qui que ce soit", a déclaré M. Lavrov.

"Une situation, où le processus démocratique est remplacé par une +démocratie de rue+, où l'opinion de quelques milliers de manifestants qui tentent d'exercer une pression sur le gouvernement est considérée comme la +voix du peuple+, ne peut pas être considérée comme acceptable", a estimé le ministre.

Depuis le début de la crise en Ukraine, plusieurs hauts représentants américains et européens, notamment la secrétaire d'Etat adjointe américaine pour l'Europe, Victoria Nuland, ou la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, se sont rendus à Kiev pour rencontrer les chefs de l'opposition et aller à la rencontre des militants sur Maïdan, haut lieu de la contestation.

Mais dans sa tribune, M. Lavrov, qui débute en rappelant qu'en 2014 auront notamment lieu l'anniversaire des 25 ans de la chute du Mur de Berlin et les 100 ans du lancement de la Première guerre mondiale, a tenu à minimiser l'influence européenne.

"Aujourd'hui, l'Europe n'est plus le centre de la politique et de l'économie mondiale et doit compter avec l'arrivée d'autres centres de force et d'influence", a-t-il écrit.

La publication de la tribune du chef de la diplomatie russe intervient alors que le ministre allemand des affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, entame jeudi une visite de deux jours en Russie durant laquelle il doit notamment rencontrer vendredi son homologue russe.

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