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Le président turc reconnaît que la loi contestée sur internet pose des "problèmes"

13/02/2014 11:03 EST | Actualisé 15/04/2014 05:12 EDT

Le président turc Abdullah Gül a concédé jeudi que le projet de loi très controversé renforçant le contrôle d'internet adopté par le Parlement qu'il doit désormais promulguer posait des "problèmes".

"Il y a une ou deux questions qui posent problème, nous travaillons dessus", a déclaré sans autre précision M. Gül, lors de la conférence de presse qui clôturait à Ankara le sommet annuel des dirigeants turc, afghan et pakistanais.

A l'initiative du Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir, les députés turcs ont adopté une série d'amendements à une loi de 2007 sur le contrôle d'internet largement jugée "liberticide", en Turquie comme à l'étranger.

Leur disposition la plus controversée accorde à l'autorité gouvernementale des télécommunications (TIB) la possibilité de bloquer un site internet, sans décision de justice, s'il porte "atteinte à la vie privée" ou publie des contenus "discriminatoires ou insultants à l'égard de certains membres de la société".

Les ONG de défense de la liberté d'expression et de nombreuses capitales étrangères, comme Bruxelles et Washington, ont dénoncé ce texte, dont le vote intervient alors que le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan se débat en plein scandale de corruption.

L'opposition turque et de nombreuses ONG ont demandé à M. Gül de mettre son veto à ce texte, estimant qu'il servait à étouffer les enquêtes judiciaires visant le pouvoir.

Le chef de l'Etat dispose d'un délai de quinze jours pour promulguer le texte contesté ou le renvoyer devant le Parlement.

Compagnon de route de M. Erdogan et cofondateur de l'AKP, l'actuel chef de l'Etat est jugé moins intransigeant et plus souple que son Premier ministre. Mais, même s'il a récemment pris ses distances avec M. Erdogan, il ne s'est que très rarement opposé frontalement à sa volonté depuis son élection à la présidence en 2007.

BA/pa/abk

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