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La Russie appuie el-Sissi à la présidence égyptienne

13/02/2014 09:34 EST | Actualisé 15/04/2014 05:12 EDT

MOSCOU - Le président russe Vladimir Poutine a souhaité, jeudi, au chef de l'armée égyptienne de remporter la prochaine élection présidentielle de son pays, même si le principal intéressé n'a pas encore confirmé sa candidature.

Cet appui témoigne du désir de Moscou de resserrer ses liens, militaires et autres, avec un des principaux alliés des États-Unis dans la région.

Sans nommer explicitement les États-Unis, le Kremlin a profité de la visite du maréchal Abdel-Fattah el-Sissi pour dénoncer ce qu'il considère être l'ingérence américaine dans les affaires internes des autres pays. Les liens entre la Russie et les États-Unis ont été mis à rude épreuve par une série de disputes, allant de la guerre civile en Syrie à la performance de Moscou en matière de droits de la personne.

L'appui de M. Poutine au maréchal el-Sissi ne risque pas d'émouvoir l'Égypte, où la candidature présidentielle du militaire est vue comme étant assurée.

«Je sais que vous avez décidé de vous présenter à la présidence, a dit M. Poutine au début de sa rencontre avec le feld-maréchal. C'est une décision très responsable: d'accepter une telle mission pour le sort du peuple égyptien. En mon nom, et au nom du peuple russe, je vous souhaite du succès.»

Le maréchal el-Sissi n'a pas fait allusion à ses ambitions présidentielles lors de ses premiers commentaires, mais a rappelé que l'armée égyptienne est capable d'assurer la sécurité de son pays.

Le maréchal s'est fait connaître après le renversement du président islamiste Mohammed Morsi. Il est très populaire auprès de nombreux Égyptiens et devrait annoncer sa candidature pour les élections présidentielles, qui sont attendues à la fin avril.

Il s'agit du premier déplacement à l'étranger du maréchal el-Sissi.

Les observateurs s'attendent à une victoire écrasante du militaire lors du vote présidentiel. La prise de position de M. Poutine, qui était très tiède face au président Morsi, démontre qu'il souhaite resserrer ses liens avec l'Égypte.

«Poutine et el-Sissi ont plusieurs choses en commun, ils sont tous deux originaires du milieu des renseignements, ils ont tous deux combattu le terrorisme (...) et les deux ont une perception négative des Frères musulmans», a expliqué le politologue égyptien Abdullah el-Sinawi.

Il a ajouté que le maréchal el-Sissi veut envoyer un message à Washington pendant que M. Poutine veut décrocher un nouvel allié au Moyen-Orient.

«Poutine veut mettre un pied en Égypte plutôt qu'essuyer une perte en Syrie, a précisé M. el-Sinawi. L'Égypte a besoin d'un allié international fiable pour équilibrer ses liens avec l'Amérique. L'Égypte s'ouvrira aux autres centres de pouvoir sans rompre ses relations avec les États-Unis.»

Certaines informations permettent de croire que l'Égypte et la Russie sont sur le point de conclure une transaction militaire d'environ 2 milliards $ US, avec la participation financière de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis.

La visite survient au moment où les relations entre l'Égypte et les États-Unis ont été mises à mal par le départ du président Morsi. Washington a suspendu une aide de 1,5 milliard $ US, dont profitait surtout l'armée égyptienne, pour témoigner de son mécontentement.

Le ministre russe des Affaires étrangères a déclaré, au terme d'une rencontre avec son homologue égyptien Nabil Fahmy, que les deux pays ont convenu d'accélérer la préparation de documents qui donneront un nouvel élan à leur collaboration militaire et technique.

Pour sa part, le ministre russe de la Défense, Sergeï Shoigu, qui a rencontré le maréchal el-Sissi séparément, a souligné que la nécessité de renforcer la collaboration militaire entre les deux pays découle des défis et menaces communs auxquels ils sont confrontés, principalement le terrorisme.

M. Shoigu a indiqué que les deux hommes ont discuté d'éventuelles manoeuvres militaires conjointes et de la formation d'officiers égyptiens en Russie.

Des médias égyptiens ont rapporté en novembre que l'Égypte s'est montrée intéressée à acheter un système russe de défense antiaérienne, des chasseurs MiG-29, des hélicoptères de combat et d'autres armes.

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