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John Kerry demande à la Corée du Nord des discussions "pour de bon"

13/02/2014 10:27 EST | Actualisé 15/04/2014 05:12 EDT

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry s'est félicité jeudi des discussions de haut niveau entre les deux Corées tout en mettant Pyongyang en garde contre toute tentative de saboter les prochaines manoeuvres américano-sudcoréennes.

M. Kerry a toutefois souligné que les Etats-Unis n'accepteraient jamais que la Corée du Nord devienne une puissance nucléaire et qu'il refuserait de discuter avec Pyongyang uniquement "pour le plaisir de discuter".

"Nous l'avons déjà fait et nous voulons être sûrs que l'on discute pour de bon", a-t-il dit en ajoutant que la Corée du Nord doit prendre des "mesures significatives" en vue d'une dénucléarisation avant qu'un dialogue ne puisse commencer.

Pyongyang et Pékin, son seul allié de poids, veulent une reprise des négociations à Six, interrompues depuis fin 2008, qui visent à convaincre la Corée du Nord d'abandonner son programme nucléaire en échange d'une aide, notamment énergétique.

M. Kerry a d'autre part accordé son soutien aux efforts du président sud-coréen Park Geun-Hye pour établir un climat de confiance avec le Nord et s'est félicité d'une récente initiative diplomatique qui a permis aux deux Corées d'organiser une rencontre au plus niveau pour la première fois depuis sept ans.

Une deuxième série de discussions est prévue vendredi au village frontalier de Panmunjom après une première réunion qui s'est achevée mercredi tard dans la nuit sans avancée notable ou communiqué conjoint.

Pour le porte-parole de la présidence sud-coréenne, Min Kyung-Wook, ces discussions permettent de "nous faire connaître les intentions de la Corée du Nord. Et c'est aussi l'occasion pour nous d'expliquer clairement nos principes.

- Oublier le passé -

De son côté Pyonyang souhaite convaincre Seoul de repousser ses manoeuvres avec les Etats-Unis après une réunion prévue du 20 au 25 février entre les membres des familles que la guerre de Corée a séparées.

Les manoeuvres doivent commencer le 24 février et Séoul refuse d'envisager de les ajourner, arguant qu'elles n'ont rien à voir avec avec les réunions des familles, un argument soutenu par Washington.

Toutefois, Pyongyang considère ces exercices comme un entraînement à une invasion de son territoire alors que Séoul et Washington affirment qu'il s'agit de manoeuvres "défensives".

M. Kerry a par ailleurs appelé la Corée du Sud et le Japon à améliorer leurs relations en "oubliant le passé" afin d'assurer la stabilité de la région.

"Cela ne dépend que du Japon et de la République de Corée d'oublier le passé", a dit M. Kerry lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue sud-coréen Yun Byung-Se qu'il avait rencontré auparavant.

"Il est crucial dans le même temps de maintenir une coopération trilatérale solide face à la menace nucléaire nord-coréenne", a-t-il ajouté.

Séoul est la première étape de la tournée en Asie de John Kerry, la cinquième en un an dans cette région que Washington présente comme le "pivot" de sa politique étrangère.

M. Kerry se rendra à Pékin et Jakarta, dans un contexte de tensions persistantes dans la région en raison des revendications de la Chine sur la mer de Chine.

A Pékin, M. Kerry encouragera le gouvernement chinois à "s'appuyer sur l'influence unique dont elle dispose" pour convaincre Pyongyang de prouver sa volonté réelle de redémarrer les négociations à Six (les deux Corées, la Russie, le Japon, la Chine et les Etats-Unis).

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