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JO-2014/Artistique - Messieurs: l'or passe par le quad

13/02/2014 03:07 EST | Actualisé 14/04/2014 05:12 EDT

"Sans faute", "technique élevée" et un quad en apothéose: voilà en substance les ingrédients nécessaires pour devenir champion olympique de patinage artistique messieurs, selon un juge.

"Celui qui sera champion olympique sera celui qui aura fait 2 +quads+" entendait-on il y a 4 ans à Vancouver avant l'épreuve.

Finalement, le 19 février 2010, l'Américain Evan Lysacek coiffait les lauriers sans faire quatre tours sur lui-même une seule fois.

Alors qu'en est-il cette fois ? Est-il encore possible de gagner sans la plus grosse difficulté technique dans une discipline qui souffre de n'être que trop perçue par sa valeur artistique.

"Celui qui sera champion olympique sera celui qui n'aura fait aucune faute et qui aura montré un niveau technique très élevé", a pourtant assuré à l'AFP le juge français Anthony Leroy, officiel à Sotchi et qui s'est exprimé avant le début des JO.

"A Sotchi, il y aura encore plus de quads qu'à Vancouver. Mais je ne sais pas s'il est déterminant en soi. Il va être la cerise sur le gâteau. Il faut que les fondations soient très solides. Si tout ça est valorisé par l'excellence d'un quad voire de 2, là c'est l'apothéose", a souligné le juge.

La colère de la star Evgueni Plushenko aux JO-2010 avait été terrible, furieux d'avoir fini 2e en ayant réalisé le quad quand Lysacek avait joué la stratégie.

En conformité avec le règlement, il n'avait pris aucun risque technique tablant sur ses qualités artistiques exceptionnelles.

Depuis le règlement a évolué et la prise de risque valorisée.

- 'Impossible sans quad' -

Triple champion du monde, le Canadien Patrick Chan en est le plus bel exemple. Il passe un quadruple dans son programme court et deux dans le libre depuis trois années maintenant.

"Plushenko était vraiment fâché à Vancouver", se souvient Chan dans un entretien à l'AFP". "Ca n'arrivera pas à Sotchi parce que ça fait quatre saisons que beaucoup de patineurs font des quads. Tout le monde sait que c'est très difficile d'être au plus haut niveau sans un quad, honnêtement c'est impossible".

"C'est un élément indispensable pour être dans le dernier groupe aux jeux Olympiques, pas juste pour être sur le podium. Il faut au moins un quad solide et consistant", prévient le favori.

Chan (23 ans), le Japonais Yuzuru Hanyu (19 ans), le Kazakh Denis Ten (20 ans), l'Espagnol Javier Fernandez (22 ans) et même encore Plushenko (31 ans) sont de sérieux prétendants au podium.

Mais s'envoyer en l'air sur quatre rotations ne suffira pas. Il faudra aussi faire la preuve de sa qualité de patinage, de sa musicalité, et de l'excellence de ses transitions (tout ce qui n'est pas les sauts). A ce jeu-là, Chan et Hanyu sont les meilleurs.

Fernandez, seul patineur au monde à pouvoir reproduire 4 quads en compétition, en est parfaitement conscient.

"C'est vrai que je suis bon en saut, c'est mon point le plus fort, mais je travaille aussi tous les autres aspects", lâche-t-il.

Au delà de la "bataille du quad", ce sera aussi une guerre des nerfs.

sc/ep/jr

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