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Déclarer la guerre aux "anti-balaka", c'est déclarer la guerre aux Centrafricains (chef milicien

13/02/2014 07:36 EST | Actualisé 15/04/2014 05:12 EDT

Le "chef d'état-major" auto-proclamé des miliciens centrafricains anti-balaka, Richard Bejouane, a mis en garde jeudi à Bangui contre toute offensive les visant qui équivaudrait à "déclarer la guerre à la population centrafricaine".

"Déclarer la guerre aux anti-balaka, c'est déclarer la guerre à la population centrafricaine", a affirmé M. Bejouane devant plusieurs centaines de membres de cette milice, majoritairement chrétienne et accusée de nombreuses exactions à l'encontre des populations musulmanes.

Cette déclaration intervient au lendemain de propos virulents de la présidente de transition Catherine Samba Panza, qui a menacé d'"aller en guerre" contre les "anti-balaka" qu'elle a accusés d'"avoir perdu le sens de leur mission".

Plusieurs chefs militaires des anti-balaka étaient présents lors d'un rassemblement dans leur fief de Boy Rabe, quartier nord de Bangui, et ils se sont tous dits prêts à être "cantonnés et désarmés", tout comme l'ont été les ex-rebelles de la Séléka. Mais les forces internationales en Centrafrique ont exclu d'intégrer les anti-balaka au processus de DDR (Désarmement, démobilisation, réinsertion) prévu pour les Séléka.

"Nous sommes prêts à être cantonnés", a affirmé M. Bejouane, qui a assuré avoir "les listes des +anti-balaka+, qui seraient 52.000 selon leurs dires, dont 12.000 à Bangui.

En début de semaine, Patrice Edouard Ngaissona, qui se présente comme le "coordonnateur politique" des anti-balaka avait, dans un entretien à l'AFP, évalué leur nombre à 70.000, dont plus de la moitié à Bangui. Ces estimations sont jugées "farfelues" par des sources militaires.

Apparus comme des milices luttant contre la rébellion Séléka, à dominante musulmane, qui avait pris le pouvoir en mars 2013 et qui persécutait la communauté chrétienne, les anti-balaka, majoritairement chrétiens, ont rapidement semé la terreur dans Bangui et en province.

Après le départ du président Michel Djotodia, contraint à la démission le 10 janvier, et le désarmement et le cantonnement des éléments de la Séléka mené par les soldats français de l'opération Sangaris, les anti-balaka s'en sont pris systématiquement aux civils musulmans, multipliant lynchages et pillages.

alc/mc/jpc

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