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Commission: Larouche a été l'objet de mesures disciplinaires pour avoir payé Cyr

13/02/2014 12:13 EST | Actualisé 15/04/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Serge Larouche, pdg de Ganotec, a expliqué à la Commission Charbonneau, jeudi, qu'il a même été l'objet de mesures disciplinaires de la part de la maison-mère Kiewit après qu'il se soit vidé le coeur contre le dirigeant syndical Gérard Cyr à qui il avait dû verser de l'argent pendant des années.

Le président-directeur général de Ganotec, une entreprise qui fait de l'entretien industriel, particulièrement dans les raffineries, avait expliqué mercredi qu'il avait versé environ 1,2 million $ à l'ancien gérant d'affaires de la section locale 144 des tuyauteurs, affiliée au Conseil provincial du Québec des métiers de la construction, de 1998 à 2006.

En 2008, après que Ganotec eut été acheté par Kiewit, M. Larouche ne voulait plus être seul à subir la pression. Il a donc raconté l'histoire à un dirigeant de Kiewit. Et c'est par la suite que des mesures disciplinaires ont été prises contre lui, puisque Kiewit est dotée d'un code d'éthique, a-t-il souligné.

M. Larouche a expliqué que ce n'est pas de gaieté de coeur qu'il avait ainsi versé de l'argent à Gérard Cyr. «Un bar paie une protection. Je ne pense pas qu'il est heureux de payer une protection, mais il est heureux de ne pas passer au feu», a-t-il résumé.

M. Larouche a aussi affirmé qu'il ignorait si ses compétiteurs avaient aussi dû payer M. Cyr pour obtenir de la main-d'oeuvre qualifiée sur leurs chantiers et s'assurer de leur bon fonctionnement.

En contre-interrogatoire, M. Larouche a admis qu'il avait eu recours à de la fausse facturation pour obtenir suffisamment d'argent comptant pour payer M. Cyr.

Il a reconnu ne pas avoir été accusé de quoi que ce soit à cet effet. Mais il a parlé à Revenu Québec et a livré le nom de Louis-Pierre Lafortune, de l'entreprise de grues Fortier Transfert, l'homme qui avait facilité pour lui l'obtention de fausses factures. M. Larouche n'a toutefois pas révélé à Revenu Québec le nom de Gérard Cyr.

La juge France Charbonneau lui a demandé s'il craignait Gérard Cyr. «En 2008, je regardais souvent par la fenêtre de ma maison pour voir si je voyais des individus», a-t-il admis. Mais il n'en a pas vu.

Contre-interrogé par l'avocate du Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (international), Me Lucie Joncas, M. Larouche a dû admettre qu'il n'avait jamais vu l'échange d'argent entre le président de Ganotec, Léopold Gagnon, et Gérard Cyr.

C'est M. Gagnon qui remettait les sommes d'argent à M. Cyr. Et c'est M. Gagnon qui l'a relaté à M. Larouche.

Ces versements représentaient 0,5 pour cent de la valeur des contrats obtenus par Ganotec chez Shell et Pétro-Canada.

M. Cyr avait justifié sa demande de quote-part par le fait qu'il avait servi d'intermédiaire pour diriger un expert, Eugène Arsenault, vers Ganotec. Et Ganotec avait obtenu de nouveaux contrats grâce à l'arrivée de M. Arsenault.

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