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Venezuela: deux morts dans des manifestations à Caracas

12/02/2014 06:03 EST | Actualisé 14/04/2014 05:12 EDT

Un militant pro-gouvernement et un étudiant ont été tués par balles mercredi en marge d'une manifestation d'opposants et d'étudiants à Caracas, a annoncé la responsable du ministère public vénézuélien Luisa Ortega Diaz.

"Nous avons deux morts, malheureusement, le membre d'un collectif (pro-gouvernement) Juan Montoya, tué par balles, et (l'étudiant) Bassil Dacosta, également tué par balles", a déclaré à la presse Mme Diaz, faisant en outre état de 23 blessés dans les manifestations organisées dans plusieurs villes du pays.

De son côté, le ministre de l'Intérieur Miguel Rodriguez a précisé qu'un total de 30 personnes avaient été arrêtées. "Ils avaient tous des capuches, des radios et avaient dans leurs sacs des cocktails molotov, des pierres, tous types d'objets visant à agresser les policiers", a-t-il affirmé.

Auparavant, le président de l'Assemblée nationale Diosdado Cabello avait annoncé la mort d'un militant pro-gouvernement à Caracas. "Il a été vilement tué par le fascisme", avait déclaré M. Cabello, reprenant le terme habituellement utilisé par les membres du gouvernement pour qualifier l'opposition.

Quelques minutes plus tôt, lors de la dispersion de cette marche d'opposition au gouvernement de Nicolas Maduro, qui a mobilisé des milliers de personnes dans le centre-ville de la capitale, un photographe de l'AFP a vu des hommes circulant à moto tirer sur la foule, faisant au moins deux blessés, avant de prendre la fuite.

Cette marche s'est également terminée par de brèves échauffourées entre forces de l'ordre et manifestants, qui ont lancé des pierres sur les policiers. Un journaliste de l'AFP a pu voir les policiers interpeller cinq personnes.

En début de soirée, de petits groupes continuaient de protester en divers points de la ville, dispersés çà et là par les brigades anti-émeutes.

Le mouvement de protestation étudiant, lancé depuis une dizaine de jours en province, vise à condamner la politique économique du président Nicolas Maduro et l'insécurité croissante dans le pays.

Lors d'une précédente marche organisée mardi dans la ville de Mérida (ouest), cinq étudiants avaient déjà été blessés par balles par des individus circulant à moto, selon plusieurs médias locaux et les syndicats étudiants.

Mercredi, les manifestants exigeaient aussi la libération immédiate d'une dizaine d'étudiants incarcérés ces derniers jours.

"Nous marchons parce que nous voulons que nos camarades emprisonnés soient libérés, mais aussi en raison de la situation du pays, de la détérioration de l'économie, des pénuries qui nous rendent malades et de l'insécurité", a déclaré à l'AFP Daniela Muñoz, étudiante en médecine.

Inflation, pénuries, insécurité: le pays pétrolier traverse actuellement une zone de turbulences que peine à contenir le successeur de Hugo Chavez (1999-2013).

Parallèlement à cette marche, le gouvernement avait aussi convoqué mercredi ses partisans en divers points de la capitale pour célébrer le "Jour de la jeunesse".

Ces rassemblements se sont mués en manifestations d'appui au gouvernement dans son combat contre une supposée "guerre économique" menée selon M. Maduro par le secteur privé et l'opposition soutenue par l'étranger.

Ces derniers sont rendus responsable par le gouvernement de la forte inflation (56,3% en 2013) et les pénuries récurrentes frappant les produits alimentaires ou de consommation courante.

Au point de convergence des cortèges, et avant l'annonce des incidents, M. Maduro avait appelé ses concitoyens "à ne pas utiliser les armes" et à ne pas "chercher à agresser", lançant -en vain- un "appel à la conscience nationale".

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