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Syrie: l'opération humanitaire a repris dans la ville assiégée de Homs

12/02/2014 11:28 EST | Actualisé 14/04/2014 05:12 EDT

L'opération humanitaire dans l'enclave rebelle de Homs frappée par la famine a repris mercredi, alors que les négociations en cours à Genève pour tenter de mettre fin au conflit en Syrie font du surplace.

Les violences dans le pays ne connaissent aucun répit et depuis le lancement le 22 janvier des négociations entre régime et opposition, le nombre de morts n'a jamais été aussi élevé en trois ans de révolte, selon une ONG syrienne.

Au nord de Damas, les troupes du régime ont lancé une offensive terrestre accompagnée de raids aériens pour conquérir Yabroud, dernière ville encore aux mains des rebelles dans la région stratégique du Qalamoun, selon des militants et une ONG.

Selon le gouverneur de la province de Homs Talal Barazi, un nouveau groupe de 217 civils, pour la plupart des femmes et des enfants ont été évacués "sans incident" du réduit rebelle de Homs, assiégé par les troupes gouvernementales depuis 20 mois.

Le chef des opérations du Croissant rouge syrien Khaled Erksoussi a indiqué à l'AFP que 190 rations de nourriture et 4.700 kg de farine de blé y avaient été en outre envoyées.

Jusqu'à présent, selon le Programme alimentaire mondial (PAM) 310 rations et 1,5 tonnes de blé ont été distribuées dans les zones rebelles de cette troisième ville de Syrie dévastée par les combats.

"Il y a des enfants là-bas et c'est vraiment déchirant, c'est la première fois qu'ils voient une banane", a indiqué M. Erksoussi. "Nos équipes de soutien psychologique tentent de gérer les situations au cas par cas, mais à un moment elles auront elles aussi besoin d'aide psychologique car la situation est très émotionnelle".

L'opération avait été suspendue mardi en raison de problèmes "logistiques" et devait en principe s'achever mercredi soir mais il n'était pas possible dans l'immédiat de savoir si elle serait de nouveau prolongée.

Certains des évacués arrêtés

Depuis vendredi, en vertu d'un accord entre régime et rebelles négocié par l'ONU, plus de 1.400 personnes, en grande majorité des enfants, des femmes et des personnes âgées, ont été évacuées.

Au moins 500 enfants figurent parmi les civils évacués, selon le Fonds de l'ONU pour l'enfance (Unicef) qui estimait à plus de 1.000 le nombre d'enfants coincés à Homs avant le début de l'opération.

Selon le Haut-commissariat des réfugiés, "336 hommes, âgés de plus de 15 ans et de moins de 55 ans ont été interpellés pour être interrogés" par les autorités, après leur évacuation de la cité et seuls 42 d'entre eux ont été relâchés.

Les militants coincés à Homs ont d'ailleurs affirmé qu'ils craignaient de partir de peur d'être arrêtés. "Il y a quelque 60 militants dans les zones assiégées. Certains veulent sortir mais ils ne le feront à moins de garanties pour leur sécurité", a dit le militant Yazan.

L'opération humanitaire à Homs est la seule note relativement positive dans les développements en Syrie ravagée par des violences qui ont fait plus de 136.000 morts depuis mars 2011, selon une ONG.

Jamais autant de morts que depuis Genève

Depuis le début des négociations de Genève le 22 janvier, le nombre quotidien de morts n'a jamais été aussi élevé en trois ans de révolte et 4.995 personnes ont péri depuis, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui s'appuie sur un large réseau de médecins et de militants dans le pays.

"Il y a eu en moyenne 236 morts chaque jour depuis le 22 janvier. Quelle est la signification des négociations si elles ne garantissent pas l'arrêt immédiat de toutes les opérations militaires", a lancé le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane.

A Genève, des représentants du régime et de l'opposition se sont retrouvés pour une nouvelle réunion avec le médiateur de l'ONU Lakhdar Brahimi qui s'est montré assez pessimiste.

Ce deuxième round de négociations lancé lundi n'avance pas, les protagonistes étant en désaccord absolu: le régime veut faire de la "lutte contre le terrorisme" sa priorité dans les discussions et l'opposition veut parler en premier d'une autorité transitoire sans le président Bachar al-Assad.

Alors que les négociations s'achèvent vendredi, M. Brahimi doit rencontrer jeudi à Genève des représentants des Etats-Unis et de Russie -coparrain des pourparlers.

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