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Subvention à l'emploi: Ottawa donne des munitions à Québec, dit Justin Trudeau

12/02/2014 01:44 EST | Actualisé 14/04/2014 05:12 EDT

OTTAWA - Avec le conflit qu'il crée de toutes pièces avec Québec au sujet de la Subvention canadienne à l'emploi, Stephen Harper donne des munitions au gouvernement souverainiste à la veille d'un déclenchement d'élections, dénonce le chef libéral Justin Trudeau.

Mardi, le gouvernement fédéral a indiqué dans son budget 2014 qu'il allait de l'avant avec la subvention, qui sera en place le 1er avril. Et cela, avec ou sans l'accord des provinces.

Ottawa dit en même temps vouloir continuer à négocier avec les gouvernements des provinces, mais a déjà décidé de la date butoir de la fin des discussions. Il ne reste donc plus qu'un mois et demi pour ficeler une entente.

Cette imposition annoncée du programme et l'approche intransigeante du fédéral ont outré la première ministre Pauline Marois et son gouvernement.

Et le chef libéral trouve que le ministre de l'Emploi, Jason Kenney, a très mal choisi son moment pour créer ce conflit avec Québec.

«Jason Kenney est en train de donner des munitions à madame Marois à la veille d'une élection provinciale», juge M. Trudeau.

«À ce moment-ci, c'est entièrement irresponsable et je trouve que Jason Kenney manque de jugement.»

Pour le chef des libéraux, le programme de formation fédéral initialement promis dans le budget de 2013 est devenu «un fouillis total, un échec total, des chicanes avec les provinces», créé par un gouvernement qui n'a «aucune capacité de livrer».

Il estime que cela fera un sujet de doléances de plus pour Pauline Marois, qui pourra ainsi démontrer que le fédéralisme canadien ne fonctionne pas.

Selon M. Trudeau, les provinces sont les mieux placées pour déterminer les besoins de formation de la population et offrir les services en conséquence.

Jusqu'à maintenant, en vertu d'une entente avec Ottawa, Québec avait ses propres programmes de formation de la main-d'oeuvre, financés à l'aide de transferts du fédéral.

Mais le gouvernement de Stephen Harper a décidé que les provinces n'obtenaient pas assez de résultats et il veut ainsi reprendre le contrôle de la formation.

Plus question pour lui de verser de l'argent sans savoir ce que les provinces en font, a réitéré mardi le ministre des Finances, Jim Flaherty, peu avant le dépôt de son budget.

Quant à sa position sur la demande de retrait de Québec du programme fédéral, Justin Trudeau croit que le gouvernement Harper n'aurait pas dû se placer dans une telle situation.

«C'est un manque de leadership de ce gouvernement qu'on se retrouve dans cette situation-ci où on donne des munitions à une chicane Québec-Ottawa à un moment où on ne devrait pas en avoir», dit-il.

Le leader néo-démocrate juge de son côté qu'avec sa position intransigeante envers Québec, Ottawa a mis de l'huile sur le feu.

«Ce grand débat-là, puisqu'il est totalement inutile, et il s'agit d'une dépense du fédéral dans un domaine de compétence exclusive des provinces, moi je crains que oui, ça mène à un débat qui ne devrait pas avoir lieu», dit Thomas Mulcair.

Quant au Bloc québécois, il croit que Justin Trudeau se préoccupe avant tout d'éviter l'élection d'un gouvernement souverainiste.

«C'est l'unité canadienne pour Justin Trudeau qui est primordiale avant même les intérêts du Québec», juge le député bloquiste Jean-François Fortin.

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