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Soudan du Sud: les auteurs des tueries seront poursuivis indépendamment de leur ethnie (ministre)

12/02/2014 12:23 EST | Actualisé 14/04/2014 05:12 EDT

Le chef de la diplomatie sud-soudanaise s'est engagé mercredi à ce que les auteurs d'atrocités "répondent de leurs actes" quelle que que soit leur origine ethnique, en annonçant l'arrestation d'une centaine de militaires Dinka, l'ethnie du président Salva Kiir.

"Nous traiterons de la même manière tous ceux qui sont impliqués dans les massacres et qui ont essayé d'utiliser la carte ethnique, notamment dans l'armée, afin qu'ils répondent de leurs actes", a déclaré Barnaba Marial Benjamin lors d'une conférence de presse à Londres, où il est en visite jusqu'à mercredi.

"Un bon nombre d'officiers ont été arrêtés - une centaine de membres de la communauté Dinka qui ont visé la communauté Nuer (de l'ancien vice-président Riek Machar) - et ils répondront de leurs actes", a-t-il ajouté.

Le secrétaire d'Etat britannique chargé de l'Afrique, Mark Simmonds, qui s'est entretenu avec le ministre sud-soudanais, a insisté, dans un communiqué, sur "la nécessité" que ce processus soit "crédible et indépendant".

L'armée sud-soudanaise loyale au président Kiir et des troupes mutinées fidèles à M. Machar s'affrontent depuis mi-décembre au Soudan du Sud, indépendant depuis juillet 2011. Les combats, accompagnés de massacres entre communautés Dinka et Nuer, ont fait des milliers de morts.

"Il y a une sorte de conflit entre les Nuer et les Dinka", a reconnu Barnaba Marial Benjamin, assurant cependant qu'il était "limité à l'armée nationale et l'armée rebelle". "Nous ne voulons pas que ces problèmes internes ressemblent à ce que l'on voit dans des pays voisins, comme en Centrafrique", a-t-il encore dit.

Il a également réaffirmé l'"engagement entier" de son gouvernement à respecter le cessez-le-feu, conclu le 23 janvier mais violé à plusieurs reprises.

Il a par ailleurs expliqué que quatre personnalités politiques détenues à Juba depuis mi-décembre - une source de contentieux entre les deux camps - resteraient derrière les barreaux tant que "la procédure judiciaire" était en cours. "Il appartiendra ensuite au président" d'éventuellement les grâcier dans le cas où les prisonniers seraient reconnus coupables, a-t-il précisé.

Mark Simmonds a lui insisté pour que les négociations entre belligérants "accordent un rôle aux leaders politiques détenus depuis le début du conflit".

Enfin, répondant aux critiques sur la présence de troupes ougandaises au Soudan du Sud, Barnaba Marial Benjamin a expliqué qu'elles partiraient "une fois que leur mission d'éliminer l'Armée de résistance du seigneur (LRA, guérilla originaire de l'Ouganda) serait terminée".

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