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MMA et la règle sur l'immobilisation des trains: des infractions à répétition, aucune sanction

12/02/2014 12:00 EST | Actualisé 14/04/2014 05:12 EDT
AFP via Getty Images
A train from the MMA (Montreal, Maine & Atlantic) railway is viewed as it was stopped by the RCMP and considered as a piece of evidence on July 9, 2013 near Lac -Megantic, Quebec. According to the owners of the train that leveled Lac-Mégantic, the simple rupture of a fuel or oil line, the fourth such rupture on a Montreal, Maine & Atlantic locomotive in the last eight years, may have been all that was needed to set in motion one of the most devastating rail disasters in Canadian history. Either way, both veteran railroaders and locals are disputing company assertions that local firefighters powering down a locomotive in order to put out a small fire was all it took to send 73 oil cars hurtling towards Lac-Mégantic. AFP PHOTO/STEEVE DUGUAY (Photo credit should read STEEVE DUGUAY/AFP/Getty Images)

La Montreal, Maine and Atlantic (MMA) a fait l'objet d'avis d'infractions répétés, au fil des ans, pour des manquements à la règle sur l'immobilisation de ses trains. Mais aucune sanction n'a été prise envers la compagnie.

Un texte de Sylvie Fournier, de l'émission Enquête Courriel

Des documents émanant de Transports Canada révèlent que la compagnie ferroviaire a été prise en défaut à maintes reprises entre 2004 et 2009, et à nouveau en 2011 et en 2012.

Ces manquements ont notamment été relevés à Nantes, à l'endroit où un convoi rempli de pétrole a amorcé sa descente à la dérive vers le centre-ville de Lac-Mégantic, dans la nuit du 5 au 6 juillet 2013.

La règle 112 prévoit l'application d'un nombre suffisant de freins à main ainsi qu'un test de traction afin de s'assurer qu'il soit bien immobilisé.

*** Pour consulter le document sur un appareil mobile, cliquez ici

Au lendemain de la tragédie qui a coûté la vie à 47 personnes, Edward Burkhardt, le grand patron de la MMA, avait suspendu son conducteur et laissé entendre qu'il n'avait pas appliqué le nombre de freins à main suffisants, en laissant son train en marche, en voie principale et sans surveillance, avant d'aller dormir pour la nuit à Lac-Mégantic.

« Montrer du doigt le conducteur, c'est sombrer dans la facilité », estime Jacques Vandersleyen, consultant et ex-contrôleur ferroviaire. Les manquements répétés à la règle 112 témoignent d'une culture de la sécurité déficiente au sein de l'entreprise, selon l'expert.

Il estime également que Transports Canada a failli à sa mission d'assurer la sécurité, en n'imposant aucune mesure de sanction à la compagnie fautive.

Un autre train mal immobilisé à deux pas de la catastrophe

Cinq jours à peine après la tragédie, la MMA a fait l'objet d'un nouvel avis assorti d'un ordre (voir le document ci-dessous) pour une nouvelle infraction à la règle 112, à 5 kilomètres de Lac-Mégantic.

Un train de cinq locomotives et de 98 wagons avait été laissé sans surveillance et sans le nombre suffisant de freins à main pour en assurer l'immobilisation. Le train occupait une partie de la voie principale à la gare Vachon.

*** Pour consulter l'avis de Transports Canada sur un appareil mobile, cliquez ici

Un précédent accident

La compagnie avait déjà subi un accident en 2010, à la gare de triage de Brownville Junction, dans le Maine. Trois locomotives ont dévalé une pente et sont entrées en collision avec un train, causant le déraillement de deux engins et des dommages à un troisième, ainsi qu'un déversement de mazout. Une personne avait été blessée.

Selon l'enquête, les trois locomotives, sous la responsabilité d'équipages d'un seul homme, avaient été mal immobilisées.

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