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Letta réaffirme son "engagement pour l'Italie" malgré les attaques de Renzi

12/02/2014 01:00 EST | Actualisé 14/04/2014 05:12 EDT

Enrico Letta a affirmé mercredi son intention de poursuivre son "engagement pour l'Italie" à la tête du gouvernement, malgré les attaques incessantes du chef de son propre parti, Matteo Renzi, soupçonné de briguer sa place.

M. Letta présentait son plan "Engagement Italie" après avoir reçu dans la matinée Matteo Renzi, chef du Parti démocrate (PD, gauche), principale formation de la majorité gouvernementale, qui l'accuse régulièrement de lenteur et de manque de détermination.

Au point que les médias italiens tablaient dans la matinée sur "un passage de témoin" imminent à la tête du gouvernement entre les deux hommes.

"Je suis un homme des institutions", a rétorqué Enrico Letta lors d'une conférence de presse ajoutant "rompre mon action au service du pays ne fait pas partie de mon ADN".

Dans une allusion à son rival, il a ajouté: "chacun doit assumer ses responsabilités. Chacun, surtout celui qui convoite mon poste, doit le faire au grand jour, cartes sur table".

On ne démissionne pas à cause de "manoeuvres de palais", a-t-il martelé.

M. Letta a également défendu son bilan, se déclarant "fier" notamment d'avoir ramené son pays sur la voie de la croissance, "même légèrement", avec une dette et un déficit en baisse.

Il a assuré que son gouvernement serait du côté "des PME, des familles et des salariés", notamment en simplifiant le code du travail et en allégeant les taxes.

"Nous devons concilier la vie de famille et la vie professionnelle, développer les crèches et favoriser le travail des femmes, en révolutionnant pour cela les congés maternité et paternité", a souligné le président du conseil.

Il a également avancé le projet d'un "plan pour l'école", afin d'être "plus compétitif". La "relance de l'économie passera également par le renforcement de l'Etat de droit", d'où des actions visant "les mafias et leur patrimoine", et à plus de transparence.

MM. Letta et Renzi s'étaient rencontrés dans la matinée pendant environ une heure. Le jeune maire de Florence (39 ans), qui multiplie les attaques contre M. Letta depuis son arrivée à la tête de la principale formation de gauche, avait quitté le Palais Chigi, siège du gouvernement, en évitant les journalistes.

M. Letta, qui se débat pour sortir le pays de la crise, reproche en revanche à son adversaire de le "trahir", selon les médias. Un accord tacite entre les deux prévoyait que le chef du PD soutienne loyalement le chef du gouvernement pendant toute l'année 2014 au moins.

"L'impatience de Matteo Renzi de devenir chef du gouvernement me semble désormais évidente", a commenté ironiquement mercredi Paolo Romani, chef des sénateurs de Forza Italie (FI), le parti de Silvio Berlusconi.

Pourtant, l'immense majorité des Italiens, 68% selon un récent sondage et 59% au sein même du PD, sont opposés à ce "relais".

Le nouvel épisode de ce feuilleton est prévu jeudi, avec la réunion de la direction du Parti démocrate, qui pourrait trancher la querelle entre les deux hommes. Interrogé à ce sujet, M. Letta a simplement déclaré: "nous verrons demain".

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