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Le premier ministre italien Enrico Letta lutte pour sa survie politique

12/02/2014 08:09 EST | Actualisé 14/04/2014 05:12 EDT

ROME - Le premier ministre italien Enrico Letta luttait pour sa survie politique mercredi, alors que les appels à un nouveau dirigeant plus apte à relancer l'économie italienne se font encore plus pressants, provenant même de rivaux de sa propre formation politique.

«Quiconque veut prendre ma place doit dire ce qu'il entend faire, a dit M. Letta en conférence de presse. Je suis fier de ce que nous avons accompli dans ces dix derniers mois.»

Le premier ministre a fait valoir que la croissance était en recul lorsqu'il est entré en fonctions, et qu'elle vient juste de commencer à augmenter. Il a souligné que la dette publique a retraité pour la première fois en six ans, grâce en partie aux efforts de son gouvernement pour privatiser une portion importante de l'économie.

Quelques heures plus tôt, il a rencontré Matteo Renzi, le maire de Florence et chef de son Parti démocrate, qui n'a pas caché son intérêt pour la plus haute fonction. M. Renzi a toutefois tenu à dire qu'il voulait accéder au poste de premier ministre par l'entremise d'une élection, et non par des manoeuvres en coulisses.

M. Renzi tiendra une rencontre de haut niveau de la formation politique, jeudi, qui sera cruciale pour déterminer si M. Letta conservera son poste.

Sans identifier personne, M. Letta mis au défi quiconque souhaite son retrait.

«Vous ne vous retirez pas sur des ouï-dire, ou en raison de jeux de pouvoir», a-t-il fait valoir.

La Bourse de Milan était en progression, mercredi, mais toute tourmente politique prolongée pourrait avoir un impact important sur les marchés.

Si le parti de M. Letta retire son soutien, M. Renzi pourrait être appelé à tenter de constituer un nouveau gouvernement. Mais toute nouvelle coalition nécessiterait un vote de confiance favorable au Parlement.

Si M. Letta se maintient au pouvoir, un remaniement significatif du cabinet est attendu.

«Je vis chaque jour comme si c'est mon dernier étant donné qu'il y a tant de gens qui ont tenté de me pousser du pied», a affirmé le premier ministre.

M. Letta a promis de détailler comment son gouvernement entend s'y prendre cette année pour relancer l'économie en panne et mettre en place les réformes promises. Plusieurs croient toutefois que le parti pourrait plutôt choisir de le remplacer par M. Renzi. Un parlementaire démocrate a demandé à M. Letta de faire preuve de générosité en cédant sa place à M. Renzi.

Le président italien Giorgio Napolitano, qui a nommé M. Letta au poste de premier ministre pour résoudre l'impasse qui a suivi l'élection de février 2013, a indiqué que la balle se trouve dans le camp du Parti démocrate.

M. Renzi, le maire de la ville de Florence, est âgé de seulement 39 ans. Il représente un certain renouveau pour des Italiens désabusés envers une classe politique incapable de relancer l'économie ou de soulager le chômage chez les jeunes, qui se chiffre actuellement à 40 pour cent.

Les pressions internes du parti jumelées aux plaintes croissantes des syndicats et du milieu des affaires semblent sonner le glas pour M. Letta, même si ses partisans au sein du Parlement n'ont pas dit leur dernier mot.

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