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Le Pakistan reste l'un des pays les plus dangereux pour les journalistes (RSF)

12/02/2014 07:09 EST | Actualisé 14/04/2014 05:12 EDT

Le Pakistan reste l'un des pays les plus dangereux pour les journalistes, a souligné mercredi Reporters sans frontières dans son rapport annuel sur la liberté de la presse, en s'inquiétant notamment de la situation dans la province du Baloutchistan.

Sept journalistes ont été tués dans l'exercice de leur fonction en 2013 au Pakistan, un des pays les plus meurtriers pour les journalistes derrière notamment la Syrie (10), l'Irak (10) et les Philippines (8), chiffre l'organisation basée à Paris.

RSF souligne la "mauvaise volonté" des autorités pour traduire en justice les personnes coupables de ces meurtres dans ce pays au 158e rang, sur 180, à son palmarès de la "liberté de la presse".

"Le gouvernement semble impuissant face aux groupes armés, talibans, djihadistes mais aussi l'appareil militaire, qualifié d'+Etat dans l'Etat+ par de nombreux observateurs internationaux", a ainsi fait valoir l'organisation.

Les services de sécurité pakistanais, et notamment les puissants services secrets, sont régulièrement accusés d'exactions, notamment les enlèvements et meurtres d'opposants.

Quatre des sept reporters tués au Pakistan travaillaient au Baloutchistan, province la moins peuplée du pays et qui est le théâtre d'attentats islamistes, de violences interconfessionnelles et d'affrontements entre l'armée et des rebelles sécessionnistes.

Le caméraman Imran Shaikh et son collègue Saif ur Rehman ont ainsi perdu la vie l'an dernier lors de la couverture d'un double attentat à la bombe contre la minorité musulmane chiite dans la capitale provinciale Quetta.

Les journalistes s'étaient précipités sur les lieux de l'attentat après la première déflagration sans savoir qu'une seconde bombe allait détoner au moment précis où reporters et secouristes arrivaient sur place.

La veuve d'Imran Shaikh, Shazia Bano, a confié à l'AFP que la famille vivait dans la peur permanent mais que cela n'empêchait pas son défunt mari de faire son travail.

"Imran n'avait pas peur, il disait tout le temps : +c'est notre métier et nous devons le faire+. Je l'avais poussé à plusieurs reprises à quitter son travail mais il répondait: +si je ne suis pas journaliste que vais-je faire?", a-t-elle déclaré.

D'autres journalistes se sont retrouvés dans la mire des autorités comme Riaz Baloch, enlevé, détenu deux mois et torturé pour avoir publié un article sur une personnalité proche du pouvoir impliquée dans des vols de voiture, a-t-il dit à l'AFP.

"Ils m'ont emmené à la montagne, m'ont torturé et m'ont dit : +pourquoi as-tu publié cette information+", a-t-il témoigné.

Au Pakistan, l'article 19 de la Constitution garantit la liberté de la presse tout en interdisant les atteintes à l'islam et à la sécurité nationale.

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