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Le Massif: le syndicat demande l'intervention de Pauline Marois

11/02/2014 10:30 EST | Actualisé 14/04/2014 05:12 EDT
technotr via Getty Images

L'un des plus importants pôles touristiques de Charlevoix, Le Massif, pourrait être paralysé par un conflit de travail pendant la très lucrative période de la relâche scolaire.

Quelque 150 syndiqués de la station de ski ont voté, lundi soir, à 91 pour cent en faveur d'une grève à être déclenchée au moment opportun.

En entrevue à La Presse Canadienne, Ann Gingras, la présidente du Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches de la CSN, a exigé mardi soir l'intervention de la première ministre Pauline Marois, députée de la circonscription de Charlevoix.

Mme Gingras a aussi dénoncé ce qu'elle considère comme les «promesses d'espoir non-tenues» du président du Conseil d'administration du Massif, Daniel Gauthier. Elle croit que la population de Charlevoix a été «bernée» par le promoteur, qui promettait que la construction d'un complexe hôtelier et d'un train, allait favoriser la création de 300 à 400 postes.

Le développement du Massif a obtenu une généreuse aide gouvernementale, notamment par une subvention de 4,9 millions $, en 2012. Le syndicat estime que cet argent public investi dans le projet impose que les élus s'intéressent au dossier.

Ann Gingras affirme que ces sommes visaient à créer des emplois et à dynamiser l'économie de la région, ce qui ne s'est jamais concrétisé. «Ce projet-là devait être l'avenir de Charlevoix. Mme Marois doit exiger des comptes de M. Gauthier, car c'est l'argent des contribuables. Le provincial, le fédéral et les municipalités ont mis de l'argent dans ce projet-là. On ne peut pas donner de l'argent sans exiger des choses en retour, notamment au chapitre de la création d'emplois.»

Il y a six ans, les syndiqués avaient accepté de faire des sacrifices pour permettre l'éclosion du projet, rapporte Mme Gingras. «C'est une question de respect, les gens ont l'impression que M. Gauthier est méprisant à leur égard. Il nous a fait des promesses et six ans plus tard, on a plutôt des coupes de service. Il nous refuse les augmentations de salaire qu'on est en droit de recevoir. Les gens sont indignés», a soutenu Mme Gingras au terme du vote.

Le Massif avait déposé la semaine dernière une offre dite finale aux syndiqués. Par le vote de grève, le syndicat souhaite envoyer un électrochoc à la partie patronale et la forcer à négocier de nouveau.

Un arrêt de travail pendant les congés scolaires pourrait avoir un profond impact financier sur Le Massif.

Pour l'instant, les employés ont voté en faveur d'une grève d'une durée de cinq jours, mais celle pourrait être allongée si la partie patronale fait la sourde d'oreille.

Les dirigeants du Massif n'ont pu être joints.

La convention collective au Massif est échue depuis le 31 décembre 2013. Le syndicat soutient que la «dernière véritable négociation» entre les parties remonte à plus de huit ans.