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Le chef de l'armée et homme fort d'Egypte se rend en Russie

12/02/2014 05:15 EST | Actualisé 14/04/2014 05:12 EDT

Le maréchal Abdel Fattah al-Sissi, chef de l'armée et nouvel homme fort de l'Egypte depuis qu'il a destitué le président islamiste élu Mohamed Morsi, s'est envolé mercredi pour la Russie pour discuter de coopération, selon l'armée.

Le très populaire ministre de la Défense --et vice-Premier ministre du gouvernement qu'il a mis en place depuis qu'il a renversé Morsi le 3 juillet--, ne fait plus mystère de ses intentions d'être candidat à la présidentielle qu'il est assuré de remporter cette année tant il jouit d'un véritable culte de la personnalité en Egypte. Il est accompagné pour cette visite officielle à Moscou par le ministre des Affaires étrangères Nabil Fahmi.

Le maréchal Sissi et M. Fahmi "vont discuter des relations entre les deux pays et de coopération bilatérale" dans un format "2+2" avec leurs homologues Sergueï Lavrov et Sergueï Choïgou, ministres russes des Affaires étrangères et de la Défense, a assuré dans un communiqué le porte-parole de l'armée égyptienne, le colonel Ahmed Aly.

La délégation s'est envolée du Caire dans la matinée, pour une visite de deux jours, a précisé à l'AFP Badr Abdelatty, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Ce voyage est "la réponse à la visite historique les ministres de la Défense et des Affaires étrangères russes au Caire le 14 novembre", affirme le colonel Aly.

Quatre jours après cette visite, en plein refroidissement --causé par la destitution de M. Morsi et la répression sanglante des manifestations de ses partisans-- des relations entre l'Egypte et les Etats-Unis, son principal allié et bailleur de fonds, la Russie avait annoncé qu'elle allait livrer au Caire des systèmes de défense antiaérienne et discutaient de la livraison d'avions et d'hélicoptères à l'armée.

Les Etats-Unis ont accordé des milliards de dollars d'aide à l'Egypte depuis que le pays a signé en 1979 un accord de paix avec Israël, un moyen de garantir le respect de ce traité, de s'assurer un accès prioritaire au canal de Suez et de soutenir le pays le plus peuplé du monde arabe très actif dans la "guerre contre le terrorisme" islamiste menée par Washington.

Mais après des mois d'atermoiements, les Etats-Unis ont officiellement gelé le 10 octobre une partie de leur aide à l'Egypte, après que le nouveau gouvernement dirigé de facto par Sissi a déclenché la colère de Washington en lançant une répression sanglante des manifestations des partisans de M. Morsi, seul président jamais élu démocratiquement en Egypte.

Selon Amnesty international, au moins 1.400 personnes ont été tuées en sept mois, des manifestants pro-Morsi pour la quasi-totalité. Plusieurs milliers de partisans du chef de l'Etat déchu ont également été emprisonnés depuis sa destitution et, à l'instar de M. Morsi lui-même, les cadres de son gouvernement et de sa confrérie des Frères musulmans sont jugés dans divers procès pour lesquels ils encourent la peine de mort.

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