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La justice française ordonne à Dieudonné de retirer deux passages d'une vidéo sur internet

12/02/2014 09:48 EST | Actualisé 14/04/2014 05:12 EDT

La justice française a ordonné mercredi à l'humoriste controversé Dieudonné, condamné à plusieurs reprises pour antisémitisme, de retirer deux passages d'une vidéo vue plus de trois millions de fois sur Youtube où il fait notamment l'apologie du négationnisme.

Saisi en référé, procédure d'urgence de la justice française, le tribunal de grande instance de Paris a estimé qu'un premier passage de la vidéo constituait une contestation de crimes contre l'humanité. Il a considéré que le second passage de la vidéo était une provocation à la haine raciale.

L'Union des étudiants juifs de France (UEJF), à l'origine de la plainte visant à obtenir le retrait de cette vidéo, va désormais saisir la justice "pour que les poursuites pénales qui s'imposent soient engagées" contre Dieudonné.

Dans la vidéo litigieuse, Dieudonné déclarait notamment : "je suis né en 66, donc j'étais pas né (pendant la Seconde Guerre mondiale) moi les chambres à gaz, j'y connais rien, si tu veux vraiment je peux t'organiser un rencard (rendez-vous) avec Robert", faisant allusion à l'historien négationniste français Robert Faurisson.

Dans un deuxième passage, après avoir affirmé qu'il n'était "pas antisémite", le polémiste poursuivait en déclarant : "Je n'ai pas à choisir entre les juifs et les nazis, je suis neutre dans cette affaire, j'étais pas né en 1900 machin moi je suis né en 66, donc je sais pas ce qui s'est passé moi, qui a provoqué qui, qui a volé qui... J'ai ma petite idée, mais enfin".

Ces passages reprenaient des extraits de son spectacle "Le Mur", interdit dans plusieurs villes françaises en raison notamment de ses passages jugés antisémites.

Pour le juge, "l'insinuation claire" que les Juifs auraient une part de responsabilité dans la Shoah "ont pour effet (...) de provoquer un sentiment de rejet et d'hostilité à l'égard des Juifs".

La justice considère que "l'humour invoqué" par la défense de Dieudonné "n'apparaît que comme le moyen de véhiculer publiquement des convictions en +testant les limites de la liberté d'expression+ - en l'espèce dépassées - et non comme le ressort d'un sketch comique et provocateur dont les excès pourraient être admis".

L'avocat de Dieudonné, Jacques Verdier, a regretté la décision de la justice estimant que les deux passages incriminés sont, selon lui, "les plus porteurs d'humour" et "les moins virulents à l'égard de la communauté juive".

Condamné à plusieurs reprises pour injures raciales, Dieudonné ne s'est acquitté d'aucune des amendes -- pour 65.000 euros au total -- auxquelles il a été condamné. Humoriste qui a connu son heure de gloire dans les années 1990, il est également visé par une enquête préliminaire pour organisation frauduleuse d'insolvabilité, blanchiment et abus de biens sociaux.

A 48 ans, il est depuis plusieurs mois au coeur d'une polémique avec le gouvernement socialiste qui lui reproche son antisémitisme et ses liens avec des milieux de l'extrême droite.

La "quenelle", geste qu'il a popularisé, et qui est devenu le signe de ralliement de ses fans, peut être interprétée comme un salut nazi inversé ou comme un geste antisémite, selon le contexte dans lequel il est exécuté.

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