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La colère monte en raison de la perte du programme Immigrants investisseurs

12/02/2014 06:52 EST | Actualisé 14/04/2014 05:12 EDT

RÉGINA, Sask. - Le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, est frustré de voir le gouvernement fédéral mettre la hache dans le programme Immigrants investisseurs pour toutes les provinces, sauf le Québec.

M. Wall a indiqué qu'il savait que Ottawa entretenait des inquiétudes quant au bon fonctionnement du programme. Selon lui, toutefois, celui-ci s'est avéré un succès Saskatchewan, favorisant des investissements de plus de 160 millions $ dans la construction de maisons lors d'une pénurie de logements.

Le programme offrait des visas de résident permanent aux investisseurs détenant de l'expérience en affaires, possédant un avoir net d’au moins 1 600 000 $ et étant prêts à investir 800 000 $. Plusieurs reprochaient au programme d'être un moyen pour les immigrants riches d'acheter leur entrée au pays.

Le gouvernement fédéral a mis un moratoire sur le programme en 2012 et songeait à l'améliorer. Il a été aboli complètement dans le budget fédéral de mardi.

Le ministre fédéral de l'immigration, Chris Alexander, a affirmé dans un communiqué que le programme générait des retombées économiques «limitées» au Canada. Il a annoncé que d'autres «programmes pilotes plus ciblés et plus efficaces, qui veilleront à ce que la contribution des immigrants (...) profite de façon importante à l’économie du pays».

Si M. Wall a dit comprendre que le gouvernement doit prendre des décisions s'il croit que des programmes ne sont pas utilisés correctement, il a déploré que cette mesure touche aussi sa province.

«Mais pour en venir à une telle conclusion, vous devez savoir ce qui se passe dans des endroits comme la Saskatchewan avant d'annuler le programme parce que vous croyez qu'il ne fonctionne pas. S'ils avaient fait ça, je crois qu'ils auraient vu qu'il est très efficace ici. Nous sommes responsables des investissements et des principes du programme et nous voulons avoir droit au même traitement que le Québec.»

Le programme Immigrants investisseurs du Québec fonctionne séparément de celui du reste du pays et demeure en place.

C'est ce qui ne plaît pas à M. Wall. Ce dernier affirme qu'il n'est pas acceptable qu'Ottawa prenne une décision pour le reste du Canada et une autre, à l'opposé, pour le Québec.

«Franchement, si nous pouvions recevoir le même traitement que le Québec, nous irions de l'avant avec le programme. Je crois que nous en ferons la demande, a-t-il déclaré. J'ai toutefois le sentiment que la réponse sera négative. Nous avons vu dans ce pays — indépendamment du parti au pouvoir à Ottawa — une différence dans le traitement quand il s'agit des programmes ou des services publics, ou dans ce cas, des investissements des immigrants. Le Québec a droit à un traitement différent de celui auquel le reste du pays est confronté.

«Je ne comprends pas pourquoi le Québec pourra continuer de distribuer des passeports aux investisseurs immigrants alors que nous ne le pourrons pas. C'est un passeport canadien et non pas un passeport québécois. S'ils ont ce droit, nous devrions l'avoir», a-t-il conclu.

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